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L’Opep a davantage produit en mai, Nigeria et Libye en cause

L’Opep a davantage produit en mai, Nigeria et Libye en cause

La production de pétrole de l’Opep a augmenté en mai, pour la première fois de l’année, mais cette hausse est due principalement au Nigeria et à la Libye, deux pays exemptés de l’accord de novembre sur une baisse de l’offre qui reste en revanche bien respecté par les autres membres du cartel, montre une enquête Reuters mercredi.

Le taux de conformité à l’accord est même passé de 90% en avril à 95% en mai grâce à une baisse des pompages de l’Angola et de l’Irak et au maintien d’une stricte discipline par l’Arabie saoudite et le Koweït, selon les relevés de Reuters.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole s’est engagée le 30 novembre à réduire son offre de 1,2 million de barils par jour (bpj) à 32,50 millions dans le cadre de l’accord auquel se sont associés la Russie et plusieurs autres pays producteurs.

L’accord, entré en vigueur le 1er janvier pour une durée de six mois, vient d’être prolongé de neuf mois.

La mesure a permis aux cours du brut de remonter vers les 50 dollars mais le niveau de stocks toujours élevé et la hausse de production de pays non signataires, Etats-Unis en tête, les tiennent à distance du niveau de 60 dollars visé par l’Arabie saoudite.

L’enquête de mai montre que la production des 13 pays membres de l’Opep a augmenté de 250.000 bpj par rapport à avril, mais celle des 11 Etats membres concernés par l’accord a reculé de 60.000 bpj.

Par rapport aux points de départ retenus comme référence pour la baisse de production – dans la plupart des cas le niveau d’octobre 2016 – les 11 pays ont réduit leurs pompages de 1,108 million de bpj, soit 95% de la baisse convenue de 1,164 million.

L’OBJECTIF DÉPASSÉ DE 470.000 BPJ EN MAI

L’objectif de production de 32,50 millions entériné par l’Opep en novembre tenait compte de chiffres bas pour la Libye et le Nigeria et incluait par ailleurs l’Indonésie, qui a depuis quitté l’organisation.

Aucun nouvel objectif n’a été annoncé la semaine dernière en dépit du départ de l’Indonésie et de l’adhésion de la Guinée équatoriale, qui a rejoint le cartel “avec effet immédiat”. Sa production sera prise en compte dans l’enquête mensuelle de Reuters à partir du mois de juin.

Avec la hausse des pompages en Libye et au Nigeria, la production de l’Opep a été de 32,22 millions de barils par jour en mai, soit 470.000 bpj au-dessus de l’objectif.

Le Nigeria et la Libye avaient été exemptés de l’accord en raison de situations de guerre, mais leur production a été partiellement rétablie en mai. Des participants à la réunion de l’Opep du 25 mai ont d’ailleurs dit qu’il y avait été question d’une possible intégration du Nigeria dans les quotas.

Les membres de l’Opep concernés par l’accord ont quant à eux strictement respecté leurs engagements. L’Arabie saoudite, chef de file de l’organisation, a réduit sa production de 564.000 bpj à 9,98 millions, soit bien plus que la réduction de 486.000 sur laquelle elle s’était engagée.

L’Angola a réduit sa production de 121.000 bpj à 1,63 million, à comparer à un quota de -78.000, et l’Irak, le deuxième producteur de l’Opep, a exporté un peu moins (4,39 millions de bpj).

La production de l’Iran et celle des Emirats arabes unis sont restées stables à respectivement 3,77 et 2,95 millions de bpj.

L’enquête Reuters est établie à partir de données de Thomson Reuters et de sources externes et internes à l’Opep.

Véronique Tison
reuters

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