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L’Opep est proche d’un accord, selon Ryad

L’Opep est proche d’un accord, selon Ryad

VIENNE (Reuters) – L’Opep se rapproche de la conclusion d’un accord de limitation de sa production de pétrole, a déclaré mercredi le ministre saoudien de l’Energie, Khalid al Falih, précisant qu’un gel de la production iranienne au niveau d’avant les sanctions internationales lui semblait acceptable.

Les cours du pétrole ont monté de plus de 5% après ces déclarations, le Brent s’échangeant à l’approche de la mi-journée à 49,45 dollars le baril, soit un gain de 6,6%.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a entamé sa réunion ministérielle à huis clos vers 10h00 GMT à Vienne. Une conférence de presse est prévue à 15H00 GMT.

Khalid al Falih a également déclaré que l’Opep cherchait à ramener sa production à un plafond de 32,5 millions de barils par jour (bpj), ce qui représenterait une réduction de plus d’un million de bpj, et a dit espérer que la Russie et d’autres pays non membres de l’Opep contribueraient à l’accord avec une réduction supplémentaire de 600.000 bpj.

Toutefois, selon une source, les débats portent sur une réduction plus prononcée, de 1,4 million bpj, avec effectivement une contribution de 600.000 bpj hors Opep, dont 400.000 bpj environ pour la seule Russie.

En l’absence d’accord, le marché se redressera quand même, les fondamentaux évoluant dans la bonne direction, a ajouté de son côté le ministre saoudien.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, s’est dit pour sa part optimiste et a déclaré qu’il n’avait pas été demandé à l’Iran de réduire sa production.

L’Iran avait écrit la veille à l’organisation que l’Arabie saoudite devait ramener sa propre production de 10,5 à 9,5 millions de barils par jour (bpj), alors que Ryad propose de s’en tenir à 10 millions, selon des sources au sein du cartel.

Les 14 pays du cartel, qui représentent un tiers de la production mondiale, étaient parvenus en septembre à un accord de principe pour ramener leur production dans une fourchette comprise entre 32,5 et 33 millions bpj contre 33,64 millions bpj actuellement.

L’Opep a indiqué que la Libye, le Nigeria et l’Iran, pays frappés par des sanctions ou par des troubles intérieurs, seraient exemptés de ces réductions, une décision perçue comme une victoire par Téhéran, qui veut désormais regagner des parts de marché après des années de sanctions.

Ces dernières semaines, la position de Ryad a évolué. L’Arabie saoudite propose désormais de réduire sa production de 500.000 bpj, selon des sources du cartel, et suggère que l’Iran plafonne la sienne à 3,8 millions de bpj, soit à peu près le volume actuel. De son côté, Téhéran a laissé entendre qu’il voulait produire 4,2 millions bpj.

L’Irak ne veut pas non plus se voir imposer un encadrement trop strict de sa production, arguant de ses besoins financiers liés à la lutte contre l’organisation djihadiste Etat islamique (EI).

L’Iran et l’Irak produisent à eux deux plus de huit millions bpj contre 10,5 millions bpj pour l’Arabie saoudite.

Le différend entre Ryad et Bagdad porte sur le chiffrage de la production irakienne, suivant que l’Irak emploie sa propre méthode ou qu’elle repose sur celle d’experts de l’Opep, qui donne un résultat plus bas.

Certains experts de Morgan Stanley et de Macquarie estiment que les prix du pétrole pourraient descendre à 35 dollars le baril si l’Opep ne parvenait pas à un accord.

Patrick Vignal,
Catherine
reuters

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