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L’OPEP invite les non-OPEP à solidifier l’accord fragile de Vienne

L’OPEP invite les non-OPEP à solidifier l’accord fragile de Vienne

Samedi à Vienne, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole convie les pays non-OPEP, Russie en tête, à limiter à leur tour leur production. Mais la démarche semble ne plus convaincre les marchés.

Samedi 10 décembre l’OPEP invite les non-OPEP dans ses quartiers viennois. L’objectif est d’étendre l’accord de réduction de la production du cartel, conclu le 30 novembre dernier, aux pays exportateurs hors de l’OPEP. Il en va de la crédibilité de l’Organisation aux yeux des marchés, pour que les cours ne retombent pas trop vite.

Mais cette crédibilité s’est déjà érodée à l’observation des chiffres fournis par l’OPEP. L’Indonésie a été suspendue de l’Organisation, sa production servira-t-elle aux autres pour prendre leur aise ? Le Nigeria et la Libye ont été dispensés du moindre effort, pourtant on a intégré au plafond leur production actuelle encore très diminuée, pas leur production future, or les perspectives sont bien meilleures pour ces deux pays.

Au contraire l’Irak semble accepter, sur le papier, de fermer les vannes dans la même proportion que les monarchies du golfe (-4 et demi %), cela semble peu réalisable étant donné les besoins financiers d’un Irak en guerre. Quant à l’Iran, il est le seul autorisé à augmenter sa production de 90 000 barils par jour, tout en affichant à l’arrivée une production inférieure à celle de départ, mais Téhéran a exigé par principe qu’on note comme référence son plus haut niveau de production d’avant les sanctions !

Confus, le tableau autorise toutes les manipulations par la suite. Maintenant le scepticisme grandit autour de la participation des pays hors OPEP. La Russie s’est certes engagée à réduire son apport pétrolier de 300 000 barils jours, mais à partir de niveaux historiquement hauts. L’Azerbaïdjan dit aussi vouloir collaborer. Mais on voit mal le Mexique, dont la production décline, se serrer davantage la ceinture. Ni le Kazakhstan renoncer à la production de son nouveau gisement géant de Kashagan – justement plus de 300 000 barils jour – alors qu’il vient d’être mis en route.

L’enjeu est pourtant de convaincre les marchés pour conserver le prix amélioré du brut, 55 dollars, et pas plus, pour ne pas stimuler à nouveau la production des pétroles de schiste des Etats-Unis. Grands absents de la réunion OPEP-non OPEP de samedi, les Etats-Unis, qui exportent désormais leur brut jusqu’en Asie, seront pourtant dans toutes les têtes.

Claire Fages
rfi

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