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Macky Sall au G20 : moins d’aides et plus d’investissements en Afrique

Macky Sall au G20 : moins d’aides et plus d’investissements en Afrique

Le président Macky Sall est intervenu ce samedi 8 juillet au sommet du G20 pour donner son avis sur les apports au développement de l’Afrique. Le chef d’Etat sénégalais n’a pas hésité à demander à la communauté et aux partenaires internationaux d’encourager les investissements plutôt que les aides pour le Continent.

Macky Sall s’est voulu intransigeant dans son intervention : les partenariats entre les pays les plus riches et l’Afrique ne devraient plus être basés sur l’aide. Dans son allocution faite devant les participants au sommet du G20, samedi 8 juillet à Hambourg en Allemagne, le chef d’Etat sénégalais a demandé aux pays riches de dépasser «le paradigme de l’aide pour embrasser résolument celui du partenariat et du soutien à l’investissement».

Plaidant la cause du Continent au nom du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD) dont il préside le comité d’orientation, Sall s’est livré à l’exercice des chiffres pour appuyer son argumentaire :

«Pour les 300 projets du Programme de développement des infrastructures du NEPAD sur la période 2012-2040, les besoins en financements sont estimés à environ 360 milliards de dollars, dont un programme prioritaire à court terme, pour 68 milliards de dollars. Déjà, une cinquantaine de projets ont fait l’objet d’une étude technique».

Pour le président sénégalais, les financements nécessaires à ces projets, plutôt que d’être une aide, devraient être soutenus entre autres par les investisseurs institutionnels, comme les fonds de pension. Ainsi le chef d’Etat sénégalais compte sur l’appui des grandes puissances afin de mieux préparer les projets et de maîtriser les instruments de gestion des risques.

Outre son plaidoyer en faveur d’un changement de fond dans les relations de partenariat entre les pays africains et la communauté internationale, Macky Sall s’est également prononcé contre les crimes financiers, comme l’évasion fiscale et les flux financiers illicites. A en croire le think tank dirigé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, ces crimes financiers sont derrière une perte sèche de 50 milliards de dollars par an pour le Continent. Autrement dit, si les efforts sont doublés pour réprimer ces crimes, l’Afrique aura de moins en moins besoin de l’aide publique au développement. Une opinion qui justifie le plaidoyer de Macky Sall en faveur de l’intensification de la lutte contre les crimes financiers.

L’Europe ouvre la voie

En Europe, des décisions allant dans ce sens ont déjà été prises. Pas plus loin que la semaine dernière, les parlementaires de l’UE ont adopté une loi imposant aux sociétés multinationales de rendre publiques les informations sur leurs opérations dans chaque pays où elles sont implantées. Une mesure qui permettra aux pays du continent noir de mieux protéger leurs intérêts fiscaux.

Emmanuel Atcha

la tribune afrique

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