jeudi 14 novembre 2019
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Madagascar : le marocain BCP finalise sa troisième acquisition de banque en Afrique en trois semaines

Madagascar : le marocain BCP finalise sa troisième acquisition de banque en Afrique en trois semaines
En moins de trois semaines, le groupe Banque centrale populaire (BCP) vient de finaliser sa troisième acquisition en Afrique. Ainsi après le Cameroun début d’octobre, la RDC la semaine dernière, c’est à Madagascar que le banquier marocain s’offre 71% du capital de la Banque de Madagascar et de l’Océan indien (BMOI), racheté au français BPCE.

C’est à Antananarivo que la nouvelle configuration a été officialisée hier, jeudi 17 octobre. La Banque de Madagascar et de l’Océan indien (BMOI) passe désormais sous le giron du groupe Banque centrale populaire (BCP) qui en a acquis 71% des parts rachetés au français Groupe BPCE. Les termes de l’opération n’ont pas été révélés, mais Kamal Mokdad, directeur général de la BCP, s’est réjoui d’étoffer le portefeuille du groupe marocain avec « un acteur dynamique et performant » sur le marché malgache.

« Nous avons l’ambition d’inscrire la BMOI dans une nouvelle étape significative de son développement, avec l’introduction rapide de nouvelles solutions notamment digitales et monétiques », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le marché malgache n’est pas nouveau pour BCP qui y est déjà présent via BCP Mauritius. Pour mémoire, cette banque anciennement dénommée Banque des Mascareignes a été acquise par BCP en octobre 2018 et effectivement rebrandée récemment. L’acquisition de BMOI donne une nouvelle envergure locale au groupe marocain. Créée en 1989, la BMOI est la première banque privée de Madagascar et le premier établissement bancaire certifiée ISO 9001-2015 sur toutes ses activités de production bancaire.

CEMAC dans le giron, Tunisie en cours

Cette nouvelle acquisition finalisée représente la troisième du groupe BCP en Afrique en moins de trois semaines. Véritable offensive. Début octobre, le groupe marocain s’offrait la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec) 68,5 % du capital, avec l’ambition de mener la banque camerounaise à une nouvelle dimension de son développement, pour jeter les bases d’une présence voulue marquée en zone CEMAC. Le 11 octobre dernier, la BCP récidive en mettant la main sur 100 % du capital de la Banque commerciale internationale (BCI) au Congo Brazzaville. Ces trois acquisitions entrent dans le cadre de négociations exclusives avec le Groupe BPCE qui « a engagé l’évolution de sa présence en banque de proximité à l’international », comme précisé dans son document de référence et rapport financier annuel 2018.

L’autre projet d’acquisition toujours en cours est celui de la Banque Tuniso-Kowetienne et ses filiales, basée à Tunis et de laquelle BCP devrait récupérer 60% des parts. Selon le cabinet de recherche tunisien Alpha Mena, les négociations avanceraient au ralenti en raison des difficultés à s’entendre avec l’Etat actionnaire à hauteur de 20%.

Risqué ?

Sur ses 30 implantations à l’international, la BCP en compte désormais 16 en Afrique où elle apparaît comme le sixième plus grand groupe bancaire en termes de fonds propres. Troisième derrière Attijariwafa Bank et BMCE Bank Of Africa dans l’internationalisation des banques marocaines en Afrique, BCP semble vouloir rattraper son retard pour se positionner en véritable challenger. Jusqu’ici, la démarche lui réussit bien, puisqu’au premier semestre 2019, ses activités africaines ont affiché un PNB en hausse de 14%, contribuant à hauteur de 38% au PNB du groupe sur la période.

Dans un rapport récemment publié cependant Alpha Mena émet des réserves quant aux performances à venir du Groupe en Afrique qui, selon lui, prendrait beaucoup de risques par la nature des actifs qu’il acquiert. La société de recherche évoque notamment BCP Bank Mauritius qui aurait « produit des pertes pour le groupe en 2018 » ou encore les difficultés de la Banque Tuniso-Kowetienne qui détentrice d’à peine 2% de part de marché sur le crédit en Tunisie, a besoin d’une recapitalisation d’environ 46 millions de dollars pour reprendre du souffle.

afriquelatribune

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