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Maigrir, un peu ou beaucoup, grâce à WhatsApp

Maigrir, un peu ou beaucoup, grâce à WhatsApp

Modifier ses fonctionnements alimentaires n’est pas une mince affaire. Pour bénéficier de l’effet de groupe, le neuro-nutritionniste Olivier Bourquin utilise l’application mobile

Un mois pour faire un reset de son corps. Un mois pour relever le défi de modifier les mauvaises habitudes qui nous font stocker des graisses, mal dormir, perdre de l’énergie, ou ronchonner contre ces vilaines acidités gastriques. Seul, la démarche est difficile. Boosté par un effet de groupe, c’est mieux, voire amusant. Et c’est là qu’interviennent les «nouvelles» technologies dans leur plus beau rôle.

Alors que des milliers de fumeurs suisses testent actuellement la force de frappe des réseaux sociaux via la page Facebook «J’arrête de fumer», le neuro-nutritionniste Olivier Bourquin * forme trois groupes WhatsApp par mois avec des personnes désirant améliorer leur équilibre alimentaire. En un an, 300 personnes (par groupes d’une dizaine) ont pu tenter l’expérience. Un fonctionnement inédit, qui ne pourrait tout simplement pas exister sans la messagerie groupée.

Pascal Meyer, directeur de l’entreprise QoQa, a relevé le défi avec 18 personnes de son équipe. «C’est fun, les gens se challengent!» explique le joyeux patron de 35 ans. Première étape après avoir formé le groupe: une rencontre chez Olivier Bourquin. Là, le neuro-nutritionniste mesure l’état de ses patients, calcule leur âge métabolique, pose le cadre, donne les premiers conseils. Dès le lendemain et pour un mois, les échanges passent par WhatsApp.

Il y a des dérives

Pour le meilleur et pour le pire? Evidemment. Comme dans toutes situations, il y a des dérives. Même si le spécialiste ne fonctionne pas avec des horaires de bureaux, certaines personnes posent des questions «le dimanche soir à minuit» en imaginant recevoir une réponse à minuit deux. «La journée, j’ai des consultations, je donne des conférences. Je fais tout pour répondre le plus vite possible, dans les deux ou trois heures qui suivent. Et quand les demandes sont plus personnelles, je dis aux gens de m’écrire en privé. Mais sans exagération.»

La règle d’or: on parle, au sein du groupe, de tout ce qui est en relation avec le défi en cours. Ce qui peut mener à s’échanger des recettes, à partager ses impressions ou difficultés. Mais évidemment, quand un participant «décrit la couleur de son caca à tout le groupe» – une anecdote qui sent le vécu… – Olivier Bourquin pose les limites.

OK pour le vin!

Pascal Meyer – qui a perdu 5 kilos pendant ce défi – se remémore une soirée où, en grand amateur de vins, il avait particulièrement envie «d’ouvrir une bonne bouteille de pinard. Je lui ai demandé «Si je cours cinq kilomètres, je peux?» Il m’a dit OK!» La philosophie de Bourquin, entraîneur fédéral d’Elite Swiss Olympic et auteur du livre La Performance sur mesure (Ed. Favre), «permet à chaque individu d’améliorer ou de maintenir sa santé et ses performances tout en ayant du plaisir». Santé!

Les groupes formés sur WhatsApp, selon les observations du spécialiste, sont à l’image de groupes non-virtuels. Parfois, on échange beaucoup, parfois de manière espacée. Il y a toujours des meneurs, mais le neuro-nutritionniste est aussi là pour relancer les discussions. «Avant, je ne pratiquais pas de travail de groupe. WhatsApp a ouvert des possibilités géniales!»

La plasticité cérébrale

Etonnamment, un tiers des personnes relevant le défi n’ont pas besoin de perdre du poids. Elles font ce reset car elles ont des problèmes de concentration ou de sommeil, des troubles intestinaux, etc. «Et c’est OK de faire partie du même groupe que ceux qui désirent perdre 10 kilos. Il y a une telle plasticité au niveau cérébral, on peut reprendre possession de son corps et de ses organes.» En un mois? «Parfois les gens ont besoin d’un mois, mais cela peut être deux ou six mois… J’ai fixé ce timing de manière totalement intuitive.» Et après ce challenge, le déluge? Non, les participants restent en contact, continuent de s’encourager. «Les groupes sont maintenus. Il y a même une petite communauté.»

bourquinnutrition/letemps.ch

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