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Malamine Koné : Portrait d’un jeune « berger » devenu patron

Malamine Koné : Portrait d’un jeune « berger » devenu patron

Originaire du Mali en Afrique de l’Ouest, M. Malamine Koné s’est fait de l’argent aujourd’hui grâce à sa marque de vêtements sportifs AIRNESS. Au jour d’aujourd’hui ses revenus personnels annuels sont estimés à un peu plus de 10 à 12 millions d’euros en 2014. Déterminant et infatigable, son ascension est un véritable Succès Story. Premier équipementier du Football français, il a ainsi bouleversé l’ordre d’un regard stéréotypé sur les noirs immigrés en France. Toute chose qui n’a pas été sans grosses difficultés.

Née en 1971 à Niéna au Mali, jusqu’à l’âge de dix ans, M. Koné gardait le bétail au village en son temps. Il rejoint ses parents en France en 1982 d’où il va commencer des études primaires. Mais à cette époque, sachant qu’il était défavorisé et qu’il devrait travailler doublement, Malamine ne s’est pas fait prier pour être studieux. Après deux années en classe francophone, il a enfin pu suivre une scolarité normale jusqu’à l’obtention d’un Deug de Droit. Si l’un de ses plus grands rêves était de devenir Commissaire de Police, le jeune Koné exerçait parallèlement la Boxe. Il fut même honoré de la distinction de Double champion de France amateur dans la catégorie des poids moyens. Mais en 1995, alors qu’il écrivait timidement son histoire un évènement tragique va bouleverser sa vie. En effet, victime d’un accident de la route, il évite de peu l’amputation de la jambe gauche. Et là, tous ses rêves s’effondrent. Le doute s’installe, c’est le début d’un autre combat : lutter contre la fatalité. Limité physiquement après douze opérations du genou, il voulait encore croire que c’était possible. Et c’est avec un moral en morceaux et après maintes réflexions inspiré de la même hargne d’aider les autres que l’idée lui vient à l’esprit de créer des vêtements sportifs pour ses collègues. On assiste ainsi à la naissance d’Airness en 1999.
Airness fonctionne aujourd’hui avec un chiffre d’affaires qui se compte en millions d’euros. Ce sont désormais 11 licenciés qui travaillent au quotidien dans des secteurs majeurs comme le textile, la chaussure, la chaussette, la papeterie et la bagagerie scolaire, le téléphone portable, les stylos, le linge de maison et les lunettes et les parfums. La marque est le numéro un en France. Elle est devenue successivement l’équipementier exclusif des clubs suivants : Valenciennes, Nantes, Lille, Toulouse, etc. Et des sélections nationales suivantes : Mali, Guinée, Bénin, Gabon, Burkina Faso, Congo Brazza, République Démocratique du Congo. Sans oublier des partenariats d’équipementier officiel dans le basket-ball avec le SLUC Nancy, et dans le rugby avec Bourgoin-Jallieu dans l’élite du Top 14. En 2006, Airness a fait une entrée très remarquée dans le monde du tennis en signant le russe Nikolay Davydenko n°4 mondial et Nadia Petrova classée 8e à la WTA. Grâce à ces différents partenariats, Airness s’implante sur le marché international. En seulement 10 ans, Airness est devenue la première marque française de sport.

En guise de distinction, en 2005 Malamine Koné a reçu un trophée décerné par l’association Africagora lors d’un forum annuel consacré à la valorisation des jeunes entrepreneurs issus de l’immigration et en 2007 le prix du meilleur entrepreneur par la Jeune Chambre de Commerce Internationale. Homme au grand cœur et reconnaissant à la mère patrie, il apporte régulièrement son soutien à sa terre natale le Mali à travers les constructions d’infrastructures scolaires et autres. Malgré les coups de la vie, Malamine Koné a cru à ses idées et cela a été bien récompensé.

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso/Ecodafrik.com

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