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Mali : Agence malienne de presse et de publicité : Les travailleurs bientôt délogés ?

Mali : Agence malienne de presse et de publicité : Les travailleurs bientôt délogés ?

La décision du gouvernement d’affecter le bâtiment central de l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) au Système d’alerte précoce de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est jugée improductive par les travailleurs.

Ne traduit-elle pas un manque de considération pour les journalistes et les techniciens de cette structure de la Presse d’Etat?

Depuis plus de cinquante ans cet outil de travail performant au service de l’Etat, n’a jamais dérogé à sa mission patriotique. Il a valorisé l’image du Mali et de ses gouvernements successifs. Il ne méritait pas ce camouflet cinglant, de balayer d’un revers de main le mérite des générations d’hommes de médias, aguerris dans la mobilisation sociale

La décision maladroite et inacceptable d’imposer le Système d’alerte précoce de la CEDEAO dans la cour de l’Agence malienne de Presse et Publicité( AMAP) est le résultat d’une réflexion inachevée. Les travailleurs, à travers leur Comité syndical s’indignent et s’opposent à cette “cruauté administrative”. Le Comité syndical de l’AMAP, a décidé d’observer deux jours de grève. Il a déposé un préavis de grève de 48 heures à compter du 28 novembre prochain. Il n’apprécie guère cette décision fallacieuse. Il a organisé lundi dernier un point de presse pour informer l’opinion publique de la maladresse des autorités et leur manque de considération à l’égard des « trimeurs ». La preuve?

La décision de déposséder l’AMAP de plus de la moitié de sa cour n’a-t-elle pas été imposée ? Quelles raisons inavouées soutiennent cette velléité de déloger les « pauvres travailleurs » de l’Agence?

L’accompagnement de la tutelle fait défaut. Les travailleurs face au grand risque qui plane sur leur outil de travail, se trouvent confronter à un véritable casse-tête. Face à la situation des interrogations légitimes se posent. Avons-nous atteint les cimes de la cruauté administrative ? Sommes-nous devenus des aveugles qui discuteraient de couleurs ? Malheureusement nous sommes déçus de l’attitude de la tutelle de l’AMAP. Pour certains cela n’est guère une surprise comme le disait l’écrivain et homme politique français du 18ème siècle, Antoine de Saint-Just : « tous les arts ont produit des merveilles, l’art de gouverner n’a produit que des monstres »

N’est-ce pas que la décision d’affecter le bâtiment au Système d’alerte précoce de la CEDEAO est une plaisanterie de mauvais goût? Ceux qui sont à l’origine de la décision se perdent en conjoncture sur les véritables motivations de leur décision absurde.

Le rappel s’impose pour mieux comprendre la barbarie administrative qui frappe aujourd’hui l’AMAP. Après les turbulences que notre pays a connues en 2012, sanctionnées par un putsch, le ministère de l’Economie numérique et de la Communication qui cohabitait avec l’AMAP, a emménagé à la Cité administrative. Après constat de la vacuité des lieux, l’administration de l’AMAP, sous l’impulsion des syndicalistes avait demandé l’affectation dudit bâtiment central à ses services.

Toutes les tentatives pour obtenir le local, sont restées vaines. A la grande surprise des travailleurs, une décision vient d’affecter le bâtiment à la mission de la CEDEAO dont les missions sont quasiment incompatibles avec celles de l’AMAP. Il ressort même de certaines confidences que le chef du Système d’alerte précoce de la CEDEAO, après une mission de prospection, aurait même demandé qu’il soit acté dans le procès-verbal les réserves qu’il avait formulées. Le chef de mission aurait estimé qu’il ne se sentait pas en sécurité dans cet environnement .

Les travailleurs de l’AMAP unis derrière leur syndicat expriment leur ras-le-bol. Ils entendent initier des actions et les inscrire dans la légalité pour signifier leur exaspération contre une malencontreuse décision. Un haut cadre du département, en charge de l’Economie numérique, aurait été à l’origine de la décision. Nous rappelons à nos chefs qui ont l’obligation de soutenir l’AMAP pour casser les reins à ce projet odieux, une citation de l’ancien président français Jacques Chirac : « Un chef, c’est fait pour cheffer ». Alors assumez-vous!

Les syndicalistes ignorent la vraie intention de cet aîné dans la profession qui se comporte malheureusement en véritable procureur de la mission de la CEDEAO. La situation risque d’être un caillou dans sa chaussure. Il risque d’être interpellé par l’histoire. L’AMAP est aujourd’hui menacée dans son existence puisqu’elle ne disposera même pas suffisamment de bureaux. Si on l’amputait encore d’une partie substantielle.

Le secrétaire général du Comité syndical de l’AMAP, Souleymane Bobo Tounkara, a expliqué à ses confrères de la presse, la triste et navrante réalité que vivent les travailleurs de sa structure d’information. Il a rappelé la détermination des syndicalistes et des agents de l’Agence à se battre contre l’absurde, l’inacceptable et l’incompréhensible décision. Que Dieu bénisse le Mali
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YOUMA
maliactu

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