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Mali : Environnement bancaire : FACE AUX NOUVELLES REGLES DU JEU ET AUX DEFIS DE L’APRES-CRISE

Mali : Environnement bancaire : FACE AUX NOUVELLES REGLES DU JEU ET AUX DEFIS DE L’APRES-CRISE

Les banques et établissements financiers doivent apporter un accompagnement financier solide et durable aux entreprises pour leur permettre d’amorcer une reprise réelle et contribuer ainsi à la relance économique.

La traditionnelle réunion trimestrielle de la direction nationale de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (Apbef) s’est tenue vendredi dernier. La rencontre était conjointement présidée par le directeur national de la Banque centrale, Konzo Traoré, et le président de l’Apbef, Moussa Alassane Diallo.
Les banques et les établissements financiers sont au cœur de la politique économique et monétaire. Ce secteur constitue l’un des instruments les plus importants dont dispose l’État pour réaliser la croissance et garantir la stabilité économique. La première responsabilité des banques est de financer l’économie à travers des investissements dans des projets et des entreprises.
Cependant, les banques, comme toute la structure économique, ont besoin de sécurité et de stabilité politique pour remplir leurs missions. Or, la crise qui a secoué notre pays en 2012 a totalement bouleversé sa structure économique. Aujourd’hui, au moment où le pays amorce progressivement sa sortie de crise, il est fondamental pour les banques et établissements financiers de renforcer leurs capacités d’actions. D’où l’importance des rencontres périodiques avec la Bceao pour discuter et dégager des solutions communes aux problèmes touchant le fonctionnement normal du système bancaire national.
En introduisant les travaux, le directeur national de la Bceao, Konzo Traoré, a confirmé que les préoccupations communes à l’environnement bancaire du Mali étaient au centre des débats. Il s’agit, entre autres, de la mise en œuvre des nouvelles règlementations du système bancaire international (Bâle III), de la gestion des comptes dormants dans les livres des organismes financiers, du financement de PME et PMI, du rapatriement des recettes d’exportations.
Et le patron national de la Bceao d’expliquer que Bâle III est une directive du Comité international de règlementation du système bancaire. Cette directive a été entérinée en novembre 2010 et devait être applicable à partir de 2013. Elle impose aux banques des règles plus strictes qu’auparavant en termes de capitaux propres et de fonctionnement.

40 000 COMPTES DORMANTS. « En substance, l’accord de Bâle III est un texte encadrant l’activité bancaire internationale édicté par le Comité de Bâle, après Bâle I en 1988 et Bâle II en 2004 qui ont montré leurs limites. Bâle III constitue la réponse de ce comité à la crise financière internationale qui a fragilisé les institutions bancaires. Il vise principalement à renforcer le niveau et la qualité des fonds propres, à limiter les effets de levier, à améliorer la gestion du risque de liquidité par la création de deux ratios de liquidité. D’une manière générale, il s’agit de renforcer le refinancement de l’économie », a développé Konzo Traoré.
Pour ce qui concerne les comptes dormants dans les livres des organismes financiers, il les présentera comme des avoirs constitués des soldes créditeurs des comptes ouverts dans les institutions financières pendant une longue durée sans aucun mouvement ou transaction de leurs titulaires et pour lesquels les tentatives de contact de titulaires n’ont pas donner de suite depuis 10 ans. Face au vide juridique qui a caractérisé cette question dans notre espace économique, il est apparu essentiel de réglementer le traitement des avoirs dormants au sein de l’Union, en vue de préserver la sécurité juridique des organismes dépositaires et de sauvegarder les intérêts des épargnants.
« Désormais, la nouvelle loi uniforme de l’Uemoa a solutionné cette question et les organismes dépositaires sont tenus de rechercher les titulaires ou les ayants droit des comptes qui n’ont fait l’objet d’aucune intervention depuis au moins 8 ans. En l’absence de résultat, la recherche est poursuivie sur une période de 2 ans et au terme de la deuxième année de recherche, à défaut de retrouver les titulaires ou leurs ayants-droit, les comptes concernés sont considérés comme dormants et seront transférés à la Bceao qui les conserveront pour le compte du titulaire ou de ses ayants droit jusqu’à l’expiration d’un délai de 20 ans, à compter de la date de transfert par l’organisme dépositaire », a détaillé le directeur national de la Bceao.
Dans le cas du Mali, un recensement général est en cours dans les établissements bancaires de la place. Les données provisoires recueillies à ce jour, font état de 40.000 comptes dormants cumulant un montant de plus d’un milliard de Fcfa. Il se dit, à ce propos, que certaines grandes banques de la place tardent encore à mettre à la disposition de la Bceao leurs situations.
Le président de l’Apbef, Moussa Alassane Diallo, a, lui, insisté sur la nécessité de renforcer les banques afin de garantir le financement des PME-PMI qui évoluent en majorité dans le secteur informel dans des activités assez variées (extractives, manufacturières, agro-alimentaires) mais jouent un rôle fondamental dans l’activité économique. En effet, ces PME et PMI sont créatrices d’emplois, sources d’innovations et d’investissements.
Parlant de la relance économique du pays, Moussa Alassane Diallo relèvera que selon les statistiques de l’INSAT, la croissance en 2014 se situerait à 7,2% grâce essentiellement à la bonne tenue du secteur primaire (la bonne campagne agricole) et à la reprise timide des activités économiques dans les secteurs industriels et commerciaux.
Il est impératif, de son point de vue, d’apporter un accompagnement financier solide et durable aux entreprises pour leur permettre d’amorcer une reprise réelle. « L’Apbef reste mobilisée pour mettre en synergie toutes les démarches structurées et volontaristes afin d’accompagner les entreprises dans leur relance à travers la consolidation de leur situation financière », a poursuivi Moussa Alassane Diallo.

Source: L’Essor

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