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Malte : Nouveau saupoudrage pour atténuer les flux de migrants vers l’Europe

Malte : Nouveau saupoudrage pour atténuer les flux de migrants vers l’Europe

Le sommet de La Valette (République de Malte) s’est ouvert hier mercredi et a réuni plus d’une cinquantaine de dirigeants de l’Europe et du continent africain. Une vingtaine de chefs africains y ont pris part aux côtés du président François Hollande et ont donné de la voix pour stopper la tragédie galopante des migrants vers l’Europe.

Au lieu d’un réel Plan Marshall pour apporter des solutions aux milliers de morts en Méditerranée, l’UE et l’UA font dans le saupoudrage. Le raout de Malte est un enjeu capital pour redessiner une nouvelle carte du phénomène tragique migratoire pour sortir de l’impasse. Une cinquantaine de dirigeants européens et africains arrivés mardi à La Valette ont discuté sur les moyens et politiques à mettre en œuvre afin d’arrêter l’hémorragie humaine qui sévit dans les eaux et déserts. Les dirigeants européens dont en première ligne le président François Hollande comptent inciter l’Afrique à limiter les flux de migrants vers les portes de l’Union européenne. Plusieurs chefs d’Etat africains, Macky Sall, Ibrahim Boubacar Keita, Issoufou Mahamadou, Alassane Ouattara, ont fait le déplacement à Malte pour donner de la voix du haut de la tribune où se sont succédé une vingtaine de chefs d’Etat après être reçus en grande pompe par le Premier ministre Maltais, Joseph Muscat.

Le président sénégalais Macky Sall et le chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou ont respectivement déclaré qu’il est temps de prendre le problème à sa racine, mettre des politiques inclusives de gestion de crise et mobilisé des ressources financières importantes pour freiner la tragédie du siècle. Le président nigérien Mahamadou Issoufou a affirmé que « les Africains peuvent beaucoup faire, cette crise doit être résolue ensemble entre pays d’origine et pays de transit et pays de destination des migrants. Il faudra que tous ensemble nous analysions les raisons profondes des migrations. »

Le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, en sa qualité de président en exercice de la Cedeao, a souligné l’importance et l’urgence d’une politique nouvelle et appelle de vœu pieu à voir plus de réactivité européenne que de frilosité. Le Sénégal, le Mali et le Niger sont les pays les plus touchés au sud du Sahara par cette crise migratoire du fait de flux importants de leurs communautés sur la route du rêve vers l’eldorado. L’intervention du président malien Ibrahim Boubacar Keita est très attendue par la communauté internationale. Le sommet de Malte qui prend fin ce jeudi s’est aussi heurté sur un point de friction, la position controversée de la chancelière Angela Merkel, qui divise les partenaires européens. Deux jours avant l’ouverture de ce sommet, les sondages à sa défaveur se multiplient. La chancelière allemande avait dit que son pays était prêt à accueillir près de 2 millions de migrants. Cette position fait l’objet de vives critiques par des partenaires de l’Europe. Donald Tusk a appelé notamment dimanche la chancelière à être plus ferme.
Le président Hollande a estimé que l’Europe devait « tendre la main à l’Afrique pour trouver des solutions globales à cette crise migratoire de grande ampleur ».
Le Fonds fiduciaire pour l’Afrique, d’un montant de 1,8 milliard d’euros, devra être opérationnel à la Valette. Selon des sources crédibles, la Commission européenne projette de porter l’enveloppe à 3,6 milliards d’euros.

Ce jeudi, plusieurs dirigeants ont exprimé leur engagement à trouver un plan Marshall majeur avec à la clé des projets durables concrets d’ici à la fin de 2016.

Par Ismael Aidara, Rédacteur en chef
lesafriques.com

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