Accueil / Développement / Manuel Valls s’oppose au plan social présenté par Renault Trucks

Manuel Valls s’oppose au plan social présenté par Renault Trucks

Manuel Valls s’oppose au plan social présenté par Renault Trucks

Le premier ministre a enjoint le groupe Volvo de «trouver une autre solution» au plan social qui prévoit le départ de près de 600 salariés.

Un veto pur et simple… pour l’instant symbolique. Le premier ministre Manuel Valls a affirmé ce lundi à Lyon qu’il fallait «trouver une autre solution» au plan social annoncé chez le constructeur de poids-lourds Renault Trucks (groupe Volvo), prévoyant 512 suppressions nettes de postes.


Renault Trucks: CCE extraordianire à Saint-Priest par afp

«On ne peut pas accepter le plan qui nous a été présenté [...] il faut aujourd’hui trouver une autre solution», a déclaré Manuel Valls en marge de la signature du contrat de plan État-Région. Le chef du gouvernement s’exprimait alors qu’une réunion extraordinaire du comité central d’entreprise de Renault Trucks était en cours à Saint-Priest dans la banlieue lyonnaise, pour présenter les détails du plan social annoncé le 28 avril, le deuxième en un an. Le comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire doit durer trois jours.

512 emplois supprimés

Le projet prévoit la suppression de 591 postes et la création de 79 autres, soit une perte nette de 512 emplois, principalement dans les services administratifs de l’organisation commerciale de Renault Trucks à Saint-Priest et Vénissieux. En mars 2014, le groupe avait déjà annoncé 508 suppressions d’emplois en France, dont 319 dans son fief historique de l’agglomération lyonnaise, sans licenciement sec au final.

Ce nouveau plan passe d’autant plus mal auprès du personnel et des syndicats que les finances de Volvo s’améliorent: après des années difficiles en 2012 et 2013, son bénéfice net a presque quadruplé au premier trimestre à 457 millions d’euros, avec des ventes en hausse de 14% (dont +35% pour celles du seul Renault Trucks).

«Aujourd’hui le groupe Volvo gagne de l’argent, il est en train de regagner des parts de marché en France et en Europe, le seul intérêt des suppressions de postes, c’est d’avoir une rentabilité beaucoup plus rapide, c’est ce que demandent les actionnaires», a déploré lundi lors d’un rassemblement en marge du CCE à Saint-Priest (Rhône), Olivier Porret, délégué syndical CFE-CGC. «Notre rôle est de démontrer le côté infondé du plan d’un point de vue économique et les incohérences dans les suppressions organisationnelles qui risquent de mettre en péril l’efficacité commerciale du groupe», a aussi souligné Bernard Fauché délégué central CFDT au CCE.

«Le seul intérêt des suppressions de postes, c’est une rentabilité plus rapide.»
Olivier Porret, délégué syndical CFE-CGC

Selon lui et de nombreux représentants du personnel, «il s’agit clairement d’un plan boursier». «Décimer complètement la direction commerciale en enlevant plus de 50% de l’effectif, cela correspond à une contrainte d’économie rapide pour montrer dès 2016 des résultats. On avait les moyens de faire autrement», a ajouté Bernard Fauché. Environ 200 salariés s’étaient réunis en fin de matinée devant les locaux où se tenait le CCE extraordinaire, «pour dire leur mécontentement face aux annonces de plan social faites par le groupe Volvo», a souligné Éric Freyburger, secrétaire CFE-CGC du CCE de Renault Trucks.

AFP, AP, Reuters Agences, lefigaro.fr

Aller en haut