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Margarita Louis-Dreyfus renforce son emprise sur le groupe familial

Margarita Louis-Dreyfus renforce son emprise sur le groupe familial

La fondation Akira, qui détient les intérêts familiaux dans le groupe, est montée à 80 % du holding.La veuve de Robert Louis-Dreyfus doit à présent trouver un patron pour sa filiale de négoce de matières premières.

Margarita Louis-Dreyfus souhaitait une « super-majorité » dans Louis Dreyfus Holding. C’est chose faite. En décembre, la fondation Akira, qui détient les intérêts familiaux dans le groupe, a augmenté sa participation de 65% à 80%.

Margarita Louis-Dreyfus est soulagée : « le processus a pris du temps et a demandé beaucoup d’énergie, mais il est terminé. Quatre-vingt pourcents est un très bon nombre pour assurer la stabilité et le contrôle au niveau familial, a-t-elle indiqué lors d’un briefing à Paris. Je ne pense plus aux 20% restants. »

Les discussions ont été longues pour acheter ces 15% aux sœurs et cousins de Robert Louis-Dreyfus encore présents au capital. L’homme d’affaires, décédé en 2009, s’était engagé à acquérir les parts progressivement à partir de 2012. Différentes solutions de financement avaient alors été étudiées, dont un rapprochement de Louis Dreyfus Commodities, la branche de négoce de matières premières, avec un concurrent, son introduction en Bourse ou l’arrivée d’un fonds souverain au capital.

La transaction, qui sera close en juin, a finalement été financée « dans une large mesure » par les réserves de trésorerie de la holding. Les activités de Louis Dreyfus Commodities (LDC), détenu à 85% par la holding, n’ont donc pas été affectées, a précisé la direction.

Le montant n’en reste pas moins secret, même si certains ont évoqué récemment une dépense comprise entre 1 et 1,5 milliard de dollars.

En quête d’un nouveau patron pour Louis Dreyfus Commodities

Margarita Louis-Dreyfus s’attelle désormais à une autre tâche délicate : dénicher un nouveau directeur général pour Louis Dreyfus Commodities. Cette société, née il y a près de 165 ans, est devenue l’un des plus grands négociants au monde de matières premières agricoles aux côtés de Cargill, ADM et Bunge.

Fin 2014, le comité de recherche mis en place pour l’occasion pensait avoir trouvé l’homme idoine en la personne de Mayo Schmidt, ex-PDG du groupe de négoce canadien Viterra. Mais il n’est pas venu, faute d’accord sur les termes et les conditions de l’emploi. « C’est une leçon, reconnaît Margarita Louis-Dreyfus. Nous voulons maintenant prendre notre temps car le nouveau dirigeant devra partager nos valeurs. Je suis optimiste, nous trouverons. »

Près de 80 millions de tonnes de matières premières transportées en 2014

Ce nouveau ‘CEO’ prendra la tête d’une société dont les bénéfices ont légèrement progressé en 2014. Le chiffre d’affaires, freiné par la baisse des cours des matières premières, a atteint 64,7 milliards de dollars, en hausse de 2% comparé à 2013.

Les récoltes abondantes à travers le monde l’an passé ont permis au groupe d’acheminer toujours plus de produits agricoles. Les volumes ont augmenté de 4% : au total, environ 80 millions de tonnes sont passées entre les mains de LDC, l’équivalent de plus de 10 kilogrammes par habitant.

Muryel Jacque
lesechos.fr

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