samedi 19 septembre 2020
Accueil / Finances / Mark Zuckerberg temporise sur la libra

Mark Zuckerberg temporise sur la libra

Mark Zuckerberg temporise sur la libra

Mark Zuckerberg prêt à repousser le lancement de la libra, sa cryptomonnaie très décriée prévue initialement début 2020. Le PDG de Facebook était auditionné hier à Washington par les membres de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants. Sous les feux des questions incisives des parlementaires pendant plus de trois heures, il a tenté de rassurer. Il attendra le feu vert des régulateurs. Ces derniers, des États-Unis à l’Europe, restent inquiets de ce projet de cryptomonnaie.

La levée de boucliers était survenue dès l’annonce de la libra en juin dernier par Facebook et ses partenaires. Entre-temps, sept de ses partenaires et pas des moindres ont quitté le navire dont PayPal, Visa, MasterCard ou encore eBay. Probablement à cause de la pression.

Car le mode de paiement alternatif proposé par Facebook et consorts ne rassure pas. À beaucoup d’égards. Pour rappel, la libra est ce qu’on appelle une cryptomonnaie stable (contrairement au bitcoin par exemple dont la gestion est décentralisée et qui est très volatil).

Facebook et ses partenaires assurent que sa gestion serait centralisée, sécurisée et robuste. Sa valeur reposerait sur un panier de devises ou d’actifs réputés sûrs comme des obligations d’État à faible risque. Du solide, quoi.

Pour de nombreux responsables politiques, cela soulève des questions

Parce que des intérêts privés importants auraient la main sur une monnaie, c’est une remise en cause de la souveraineté des États, a fustigé par exemple Bruno Le Maire dans une tribune récente dans le Financial Times. Parce que Facebook, ce sont 2,4 milliards d’utilisateurs (entre les réseaux Facebook, Instagram et WhatsApp). La force de frappe est telle que cela aurait de quoi déstabiliser le système financier.

Alors que Facebook présente aujourd’hui son projet avant tout comme un système de paiement global qui pourrait pallier la sous-bancarisation notamment dans les pays en développement, les responsables politiques redoutent surtout que cela détourne les populations de leur devise nationale et l’affaiblisse davantage.

En Europe, la France, l’Italie et l’Allemagne veulent interdire la libra. Au-delà du risque pour la souveraineté des Etats, ils avertissent que faute de contrôles suffisants, la libra fait courir des dangers en termes de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme, mais aussi de protection des données des consommateurs.

Hier à Washington, Mark Zuckerberg n’a pas échappé au rappel des scandales récents impliquant le groupe

On a même moins entendu parler de libra que des critiques sur les publicités politiques et le manque de contrôle après les scandales, les affaires sur la fuite massive des données des utilisateurs.

Mais c’est presque le même débat, car à l’arrivée, il est question de confiance. Quand on parle d’usage de la monnaie, la confiance est une donnée-clé. Peut-on faire confiance à Facebook pour voir l’intérêt général plutôt que ses intérêts privés ? Le jeune milliardaire a concédé qu’il était prêt à attendre pour répondre à toutes les exigences des régulateurs. Et donc à repousser son nouveau rêve planétaire.

Mais face à des parlementaires pressants hier soir, il s’est aussi défendu et a cherché à faire vibrer la corde patriotique (auprès des républicains notamment). Les États-Unis pourraient utiliser la libra pour continuer à dominer la finance dans le monde, a-t-il suggéré. Car, d’après lui, les Chinois ont mis les bouchées doubles en matière de cryptomonnaie et prévoiraient de lancer très prochainement un reminbi digital. Ils pourraient donc en venir à donner le la en la matière, a averti Mark Zuckerberg.

Aabla Jounaïdi
rfi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut