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Maroc Ciment : le marché en territoire trouble depuis 2012

Maroc Ciment : le marché en territoire trouble depuis 2012

Au mieux 2% de hausse de la demande cette année, selon les analystes. La consommation a fondu de 2 millions de tonnes en 5 ans, passant de 16 à 14 millions de tonnes. La surcapacité qui atteint déjà
7 millions de tonnes pourrait monter à 9 millions l’année prochaine.

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  L’espoir s’amenuise quant à une reprise ferme du marché du ciment cette année. Les ventes sur le mois d’août ont chuté de 10,3% par rapport au même mois de l’année passée. Depuis le début de l’année, ce sont un peu plus de 9,2 millions de tonnes qui ont été écoulées au niveau national, en retrait de près de 4,9% par rapport aux 8 premiers mois de l’année passée. Tout juste en juillet dernier, le marché avait enregistré un bond spectaculaire, qui avait surpris les cimentiers eux-mêmes.

La consommation avait progressé de près de 42,3%, ce qui a de quoi étonner pour la période estivale. Explication des professionnels : les chantiers d’auto-construction ont tourné à plein régime sur la période à l’occasion du retour de certains particuliers dans leur ville d’origine. Mais cela n’a pas suffi à redresser tendanciellement les ventes qui restent pour l’essentiel pénalisées par la faiblesse généralisée des mises en chantier.

A présent que l’on attaque le dernier quart de l’année, où les précipitations perturbent habituellement les chantiers, il est difficile pour les industriels de parier sur une progression affirmée de la consommation cette année. Les spécialistes du secteur pronostiquent tout au plus une hausse de 2% et ils décalent le rebond franc du secteur pour 2018. Cela prolongera une période d’incertitude de 5 ans pour le marché. La consommation a en effet continuellement baissé entre 2012 et 2014. Les industriels ont profité ensuite d’un léger répit en 2015 avec une progression de 1,4% de la demande pour que le marché recule encore de 0,7% l’année dernière. Sur tout cet intervalle, la consommation annuelle aura fondu de près de 2 millions de tonnes, passant de 16 à 14 millions de tonnes.

De nouvelles capacités de production dès cette année

Par ailleurs, avec une consommation qui s’est réduite, la surcapacité du secteur a eu tendance à s’aggraver. La capacité de production autour de 21 millions de tonnes, restée quasiment inchangée depuis 4 ans, est en effet actuellement excédentaire de 7 millions de tonnes. Ce qui est d’autant plus préoccupant c’est que de nouvelles capacités seront lancées sous peu : deux unités d’une capacité de 500 000 tonnes et 2,2 millions de tonnes seront mises en route par la filiale du groupe Boutergray, Atlantic Ciment, cette année et en 2018 à Lâayoune et Settat.

Ceci sans compter les nouvelles capacités des opérateurs en place. A ce rythme, l’on pourrait monter dès l’année prochaine à une surcapacité de 9 millions de tonnes. Dans ce contexte, l’on comprend toute l’importance qu’accordent aujourd’hui les industriels à l’export. Cette nouvelle orientation, ajoutée au fait que les cimentiers ont fortement réduit leurs coûts énergétiques grâce aux combustibles de substitution et aux énergies renouvelables, ainsi que le niveau de consommation national de ciment par habitant (470 kg) qui recèle un énorme potentiel, permettent de se rassurer quant à l’avenir du secteur.

REDA HARMAK
lavieeco

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