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Mecaplast avale un rival américain (et franchit le cap du milliard d’euros)

Mecaplast avale un rival américain (et franchit le cap du milliard d’euros)

L’équipementier franco-monégasque rachète Key Plastic. Le plasturgiste renforce ainsi ses bases aux Etats-Unis et en Allemagne.

On peut être monégasque et ne pas vouloir se reposer sur ses rentes. En absorbant l’américain Key Plastic, Mecaplast change de dimension – et passe largement le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires. « On cherchait un relais de croissance pour diversifier notre clientèle et notre exposition internationale. On était trop faible en Allemagne et aux Etats-Unis », explique Pierre Boulet, le directeur général de ce spécialiste des pièces plastiques.

Basé à Detroit, Key Plastic – une société versée dans les poignées de voiture, les aérateurs et les boiseries automobiles-, compte 4.000 salariés pour un chiffre d’affaires équivalent à 400 millions d’euros. « Avec eux, on passe de 6.000 à 10.000 salariés, et on va atteindre 1,1 ou 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires », se félicite le dirigeant français.

Ce dernier met également la main sur trois usines aux Etats-Unis, trois autres en Chine, sans oublier une en Allemagne et une autre au Portugal. Il se paye aussi le luxe de voir sa marge opérationnelle s’améliorer, puisque celle de Key Plastic dépasse les 10 %, tandis que celle de Mecaplast évoluera autour de 8 % cette année.

Nouveau Mecaplast

Pour l’équipementier créé à Monaco il y a 70 ans, c’est la concrétisation d’une transformation. Après avoir frisé la faillite en 2008-2009 et avoir été sauvé par le Fonds de modernisation des équipementiers automobile (qui a injecté 55 millions d’euros contre 33 % du capital de l’entreprise familiale), Mecaplast a revu ses installations en France (en rognant les effectifs à hauteur de 1.000 postes) pour financer son développement international et l’innovations.

En avril, la société a même accueilli un nouvel actionnaire, le fonds Equistone (ex-Barclays Private Equity), qui a pris 75 % des actions Mecaplast, tandis que la famille fondatrice, les Manni, tombait à environ 10 %. BpiFrance, elle, a vendu ses parts mais remis l’équivalent d’un tiers de son investissement initial. « Merci au Fonds avenir automobile, qui nous a évité le naufrage et nous permet aujourd’hui de faire cette opération », souffle Pierre Boulet.

En quelques années, l’équipementier a pu inaugurer des lignes de production en Chine, en Turquie, au Royaume-Uni, au Portugal, et plus récemment en Slovaquie et au Mexique. Et Mecaplast sera bientôt présent en Roumanie et au Maroc – le tout au détriment de sa présence en France et en Italie.

Cette internationalisation à marche forcée s’est accompagnée d’une diversification de la clientèle. Alors que PSA et Renault assuraient 70% des ventes avant la crise, ils n’en représentent plus que 40% aujourd’hui. « Maintenant, on travaille aussi avec BMW, Jaguar Land Rover, Nissan, Toyota. Et General Motors arrive… », énumère Pierre Boulet. De quoi gagner en robustesse pour les années à venir.

Julien Dupont-Calbo / lesechos.fr

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