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Mercedes revient au meilleur de sa forme

Mercedes revient au meilleur de sa forme

La marque allemande signe le meilleur trimestre de son histoire. Une montée en puissance liée à un design renouvelé.

Le contexte ne fait pas tout. Malgré le scandale Volkswagen, malgré le ralentissement du marché chinois, malgré la férocité de la concurrence, Mercedes a signé ces ­derniers mois une performance historique. La firme de Stuttgart, 130 bougies au compteur l’an prochain, a battu son record de ventes trimestrielles, avec un score de 508.000 véhicules écoulés. Soit un bond de 18 % par rapport à la même période l’an dernier, n’en déplaise à ses concurrents, BMW (qui va bien) ou Volkswagen (qui se débat dans une crise sans précédent).

Depuis Stuttgart, son fief, le ­constructeur d’automobiles, vans, camions et bus a expliqué que ses ventes en Chine avaient bondi de 39 % au troisième trimestre. Alors même que ce marché immense connaît des ratés depuis l’été, notamment dans les segments haut de gamme. L’Europe de l’Ouest n’est pas en reste (+ 19 % sur un an), ­tandis que les ventes américaines s’avèrent moins enthousiasmantes (+ 5 %). Le cumul des ventes atteint 1,47 million d’unités depuis janvier, une progression de 18,5 %, plaçant désormais Mercedes (avec Smart) légèrement au-dessus d’Audi mais encore derrière le tandem BMW-Mini (1,64 millions d’unités).

Nouveau succès

La performance se retrouve logiquement dans le chiffre d’affaires. Celui s’élève à 61,4 milliards d’euros ce trimestre, une hausse de 15 %. La rentabilité de la branche auto a crû plus vite, tirée par les SUV et limousines à forte marge : le résultat d’exploitation s’élève à 6,3 milliards d’euros, 50 % de plus qu’il y a un an.

Mieux, à la faveur de gains de productivité dans les usines et des effets de change, le groupe peut afficher une marge opérationnelle de 10,2 % après neuf mois d’activité, un niveau qui devrait laisser songeur nombre de constructeurs automobiles. « Nos résultats parlent d’eux-mêmes, affirme Dieter Zetsche, le PDG de Daimler. Ils prouvent encore une fois que nous avons suivi la bonne voie en matière de produits et de technologies. »

Pour Mercedes, c’est surtout un nouveau succès dans la course-poursuite engagée depuis 2013 sur ses rivaux BMW et Audi. Sur ce front, la percée réalisée en juin 2015 par Mercedes, lorsque la marque avait réussi pour la première fois depuis longtemps à dépasser la marge d’exploitation d’Audi (9,8 %) et de BMW (8,9 %), a de bonnes chances de se reproduire. D’autant que 2016 s’annonce encore riche en lancements chez Mercedes, avec l’arrivée au printemps de la nouvelle Classe E, l’un des modèles phares du groupe. Quant à la Chine, la bataille du moment, la marque à l’étoile compte y vendre plus de 300.000 véhicules cette année. Et s’attend encore à croître en 2016 sur ce marché, a ajouté le directeur financier, Bodo Uebber.

En dépit des moins bons résultats de la division camions, en souffrance au Brésil et en Indonésie, et de l’activité bus – ici, c’est l’Amérique latine qui pose problème –, le groupe Daimler a confirmé ses prévisions globales. Il mise pour l’année 2015 sur une amélioration sensible des ventes et du résultat opérationnel.

Management stable

Sur sa lancée, Daimler ne compte pas en rester là : « 2016 sera peut-être un cran en dessous, mais on devrait rester sur une dynamique forte », anticipe Jürgen Pieper, de Metzler Bank. Chez Nord LB, Frank Schwope est du même avis, mais estime toutefois qu’il sera difficile de maintenir un tel niveau de marge, 10 %, durant plusieurs cycles de modèles de suite. Daimler pourra néanmoins s’appuyer sur un management stable. Quand Volkswagen et BMW ont récemment changé de patron, Daimler a décidé au printemps de garder Dieter Zetsche à sa tête jusqu’à la fin de la décennie. Arrivé en 2006, alors que Mercedes venait d’abandonner le leadership à BMW, le patron à moustache peut désormais espérer récupérer la pole position mondiale. En interne, on a fixé l’objectif : y parvenir avant 2020.

Jean-Philippe Lacour / Correspondant à Francfort
lesechos.fr

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