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Mercedes: une étape décisive vers la conduite autonome

Mercedes: une étape décisive vers la conduite autonome

La nouvelle Mercedes Classe E est capable de gérer seule la conduite en file indienne sur autoroute, y compris en virage, et elle sait aussi changer de file.

Lorsqu’ils nous invitent à tester le «Drive Pilot» de la nouvelle Classe E, une ébauche de pilote automatique, les responsables de Mercedes s’empressent d’ajouter: «Attention, vous êtes seuls responsables», sous-entendu, en cas de problème… Alors qu’une voiture totalement autonome commence à pointer le bout de son capot, la période de transition dans laquelle nous entrons ouvre le champ des possibles, tout en se heurtant à celui des réalités. La technologie semble en effet avancer plus vite que la réglementation. Mais, en matière d’aides à la conduite, prudence est mère de sûreté, comme nous le verrons plus loin.

● Une automobile avant tout

Le tableau de bord, doté de deux tablettes de 12,3 pouces mises bout à bout pour former un «wide screen», captive le regard.

Aussi intelligente soit-elle, cette nouvelle Classe E, dixième évolution d’une longue lignée de grandes routières Mercedes, est d’abord une automobile, dotée d’un volant dont on est encore prié de se servir. Le style du nouvel opus Mercedes ne surprendra personne, tant il s’inscrit dans la continuité des Classe S et C qui l’ont précédé. En revanche, son tableau de bord doté, en haut de gamme, de deux tablettes de 12,3 pouces, mises bout à bout pour former un «wide screen», a le don de captiver le regard. Cette innovation autorise une personnalisation de l’affichage et il se distingue par une image de haute définition. L’écran central n’est toujours pas tactile. Les infor0mations se sélectionnent à partir d’une molette sur la console, de la commande vocale ou de nouveaux boutons, tactiles cette fois, implantés sur les branches du volant mais guère pratiques à utiliser. D’un point de vue esthétique, la «platitude» du bloc d’instrumentation fige les contours de la planche de bord, mais la forme et la qualité de cette dernière évoquant la somptueuse Classe S préservent un certain standing.

● Un long capot

La nouvelle Classe E affirme son caractère de berline statutaire au travers d’un capot qui s’allonge de 55 mm et d’une carrosserie qui, au final, a encore grandi de 43 mm pour culminer à 4,92 m, la longueur d’une limousine d’antan. Les passagers arrière en sont les principaux bénéficiaires. Le coffre, en revanche, perd 10 litres mais, avec 530 litres, il demeure suffisamment spacieux. L’allongement du capot tend à corroborer une rumeur annonçant le prochain retour d’un 6 cylindres en ligne essence dans la gamme. En attendant, la Classe E est déjà lancée avec deux 4-cylindres 2 litres turbo. Un essence de 184 ch pour la E 200 et un diesel de 194 ch pour la 220 d. Suivront, par ordre d’apparition dans le compartiment moteur, une E 350 d de 258 ch, puis une E 300 de 245 ch, une E 400 4Matic de 333 ch, et une E 350 e hybride rechargeable de 286 ch. Dans tous les cas, la boîte de vitesses est une automatique à 9 rapports.

● Sur coussins d’air

Les Mercedes sont réputées pour leur confort et celui distillé par la nouvelle Classe E est du meilleur niveau. Du moins, lorsqu’on choisit la suspension pneumatique multichambre Air Body Control, proposée en option à 2 300 €. Alors que Citroën a renoncé à l’hydropneumatique, Mercedes n’a de cesse de le perfectionner, avec d’excellents résultats à la clé. Sa dernière évolution, balayant quatre modes de réglages entre sport et confort, s’adapte à tous les styles de conduite. La Classe E ne prétend pas jouer les sportives, du moins tant que ses variantes AMG ne sont pas disponibles, mais elle n’est pas pataude pour autant. Son efficacité routière est remarquable et elle constitue une véritable invitation au voyage. Comme nombre de productions de la firme à l’étoile, la nouvelle Classe E s’apprécie davantage sur long trajet. Son nouveau 2 litres diesel sera alors un précieux allié. Nous l’avons testé et approuvé. Plus léger de 34 kg, il développe 14 ch de plus que le 2,1 litres qui l’a précédé et consomme 13 % de moins. Mercedes annonce de 3,9 l à 4,3 l/100 km, selon la monte pneumatique. Malgré ses 194 ch, il échappe ainsi au malus écologique. Ce nouveau bloc alu s’avère très silencieux à vitesse stabilisée sur autoroute mais, sous forte accélération, son timbre manque toujours de distinction. C’est bien un diesel.

● Intelligence partielle

Pour en revenir à la conduite autonome, Mercedes présente la nouvelle Classe E comme la berline la plus intelligente de sa génération. Et de nous inviter à lui céder les commandes sur autoroute. Force est de reconnaître qu’elle est effectivement capable de gérer seule la progression en file indienne. Le Drive Pilot ajuste alors la vitesse en fonction du trafic, maintient l’indispensable distance de sécurité et, si vous le souhaitez, adapte la vitesse en fonction des limitations inscrites sur les panneaux. Mieux, en maintenant la commande de clignotant appuyée plus de deux secondes, la Classe E change de file toute seule et peut donc se charger d’un dépassement en deux temps. À noter qu’en France, dans l’état actuel de la réglementation, cette dernière manœuvre est interdite et les voitures livrées n’intégreront donc pas cette fonction. Quant au maintien dans la voie, il s’avère moins fluide que celui opéré par un homme, mais cela fonctionne, y compris en virage, jusqu’à ce que celui-ci se referme. Il arrive alors qu’on atteigne les limites du système, la direction décroche et la voiture file tout droit! Autre expérience désagréable vécue dans un embouteillage urbain, l’absence de réaction à l’approche d’un rond-point. Le Drive Pilot Mercedes impose encore de garder les mains sur le volant. On devine pourquoi.

Notre avis

La nouvelle Classe E n’est pas prête à prendre la route sans personne à son volant, mais elle amorce déjà un sacré virage technologique en direction de la conduite autonome. Cela étant, avec ou sans ces assistances à la conduite, cette Mercedes s’impose comme l’une des meilleures grandes routières du moment. À condition d’y mettre le prix.

lefigaro.fr

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