dimanche 08 décembre 2019
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Mines de fer : en Guinée, l’Etat reprend en main deux blocs de Simandou, attribués désormais à la SMB

Mines de fer : en Guinée, l’Etat reprend en main deux blocs de Simandou, attribués désormais à la SMB
La Guinée cède les blocs I et II du fer de Simandou à la Société minière de Boké (SMB) et tourne définitivement la page Beny Steinmetz après cinq ans de litige clôturé par la condamnation de l’homme d’affaires franco-israélien en août. Le projet qui inclut la construction d’une ligne ferroviaire et un port en eau profonde sur cinq ans, est l’un des plus structurants du pays pour les deux prochaines décennies.

En Guinée, c’est finalement la Société minière de Boké (SMB) qui a remporté l’appel d’offres pour l’exploitation du fer des blocs I et II de Simandou. L’attribution fait suite à un appel d’offres ouvert par un décret du 13 juillet 2019. Conformément au cahier spécial des charges relatif à l’appel d’offres, le Consortium de la SMB s’est engagé à exporter son minerai via le territoire guinéen. Le groupe devrait de ce fait construire notamment une voie ferrée de plus de 650 kilomètres, ainsi qu’un port en eau profonde à Matakong, dans un délai de cinq ans, à compter de la ratification des conventions.

« Avec son expérience réussie à Boké dans la bauxite, le Consortium se propose de répliquer son modèle économique et social, axé sur la responsabilité et la durabilité, dans l’exploitation du fer de Simandou I et II », explique le franco-guinéen Fadi Wazni, président du conseil d’administration de la SMB dans un communiqué du 13 novembre.

La Société minière de Boké (SMB) a été créée en 2014, par un consortium formé par l’armateur singapourien Winning Shipping, le producteur chinois d’aluminium Shandong Weiqiao, le groupe Yantaï Port, ainsi que la société guinéenne de transport et logistique United Mining Supply (UMS). Elle est devenue le premier groupe exportateur de bauxite de Guinée (42 millions de tonnes produites en 2018) et emploie près de 9 000 personnes dans la région de Boké où elle a mis en place deux terminaux fluviaux, à savoir Dapilon et Katougouma, rattachés au port de la région. Une région où la SMB a évalué le total de ses investissements à 1,5 milliard de dollars depuis cinq ans. Dans le cadre de son projet Boffa-Boké, elle compte investir 3 milliards de dollars supplémentaires dans la localité.

Ce projet Boffa-Boké comprend d’une part la construction d’une ligne de chemin de fer de 135 kilomètres allant du terminal fluvial de Dapilon aux nouvelles zones minières de Santou II et Houda, et d’autre part la construction et l’exploitation d’une raffinerie d’alumine dans la région de Boké.

Nouvelles opportunités en Guinée avec Simandou

Pour Sun Xiushun, PDG de la SMB, l’exploitation des blocs I et II de Simandou marque une étape importante dans l’histoire économique de la Guinée Conakry. En plus  de la création d’emplois, l’exploitation du gisement ouvre la voie à la décentralisation de la Guinée, grâce au chemin de fer trans-guinéen reliant quatre régions. L’espoir renaît pour l’exploitation du fer de Simandou après des années d’incertitudes. En 2014, la Guinée a résilié le permis minier octroyé à la Resources Group (BSGR), sur fond de suspicion de corruption lors de l’obtention de la concession des deux blocs de Simandou.

La décision a été suivie d’un contentieux entre l’Etat et le patron de la BSGR, le Franco-Israélien Beny Steinmetz. Dans un décret du 13 juillet, le président Alpha Condé lançait une procédure d’appel d’offres relative à l’attribution du gisement d’une superficie de 369 km², situé dans le sud-est du pays. Soit un mois avant la condamnation de Steinmetz en Suisse pour corruption.

afrique.latribune

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