samedi 23 janvier 2021
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Miracle statistique et réveil du Covid

Miracle statistique et réveil du Covid
FILE PHOTO: George Washington is seen with printed medical mask on the one Dollar banknotes in this illustration taken, March 31, 2020. REUTERS/Dado Ruvic/Illustration/File Photo

Les places financières ont effacé, ces derniers jours, une partie de la lourde perte enregistrée jeudi dernier. Les centaines de milliards injectés par les banques centrales et les gouvernements ont contribué à alimenter la reprise, permettant aux statistiques de se redresser et de donner tort aux scénarios médians. Une douce euphorie à peine assombrie par le regain de vigueur du Covid. A peine, vraiment ?

Quand on prend un peu de bouteille, sur les marchés financiers comme ailleurs, on apprend vite que le monde n’est jamais binaire dès lors qu’il intègre de l’humain. Je l’explique souvent à mes enfants ou aux stagiaires frais émoulu(e)s de l’école qui débarquent avec quelques certitudes. Jouer aux méchants et aux gentils n’a qu’un temps. Et là vous vous dites : mais où nous emmène-t-il ce matin ? Pas de panique, je raccroche les wagons. Enfin je crois.

En période de crise aigüe comme ce fut le cas au plus fort du Covid-19, la naturel revient au galop et on se retrouve dans un premier temps avec d’un côté des négationnistes cyniques (« n’importe quoi, vous vous emballez pour rien« ) et de l’autre des prévisionnistes angoissés (« on va tous mourir ou presque« ). Les deux clans se trompent et la réalité est, une fois de plus, intermédiaire et peut se résumer ainsi : le coronavirus a provoqué des dégâts considérables mais ses conséquences ne sont pas aussi extrêmes que ce qui était projeté. Mais les modélisations économiques qui ont tourné dernièrement, en plus de faire étalage de limites inquiétantes, sont plus pessimistes que la réalité. Cela s’est vu avec les chiffres de l’emploi ou de la consommation aux Etats-Unis.

Et cela devrait continuer par un simple effet de base. Les variations mensuelles et trimestrielles sont en accélération mécanique dans tous les secteurs. Même les plus affectés par le Covid-19. Par exemple, les statistiques de ventes automobiles de mai affichent des taux de croissance importants puisqu’aucun véhicule n’a été vendu en avril. Les ventes dans l’habillement aussi. Même les restaurants et les hôtels vont afficher de belles pentes haussières dans les semaines qui viennent. Ils partent de zéro. En « glissement mensuel », pas en « glissement annuel », évidemment. Mais ces statistiques de croissance à deux chiffres ont un effet positif massif sur les indicateurs de confiance et sur la perception des investisseurs. Elles sont même plus puissantes que les certitudes sur la contraction des PIB dans les mois à venir et que les multiples risques qui menacent l’Economie. Et expliquent une partie du rebond des indices depuis la fin du mois de mars, même si on garde une certaine impression d’emballement un peu frénétique, qui n’est pas sans rappeler le fameux dessin du dessinateur américain Kal.

Le CAC40 grappillait 0,1% à 4956 points à l’ouverture, même si les investisseurs gardent un œil sur la résurgence des cas de Covid-19 dans le sud des Etats-Unis et en Chine, et sur la poursuite de la dégradation de la situation sanitaire au Brésil.

Les temps forts économiques du jour

L’inflation est au programme aujourd’hui, au Royaume-Uni (8h00), en Europe (11h00) ou au Canada (14h30). Aux Etats-Unis, les permis de construire et les mises en chantiers (14h30) précèderont l’indice des indicateurs avancés du Conference Board et les stocks pétroliers (16h30), avant une nouvelle audition de Jerome Powell par les parlementaires au Capitole (18h00).

L’euro est repassé sous la barre de 1,13 USD. L’once d’or est stable à 1725 USD. Le pétrole reflue, à 37,45 USD le WTI et 40,30 USD le Brent. Le rendement de l’obligation d’État américaine à 10 ans atteint 0,73%. Le Bitcoin baisse légèrement sous les 9500 USD.

zonebourse

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