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Mise en place d’une industrie aéronautique: Tassili Airlines négocie avec Boeing

Mise en place d’une industrie aéronautique: Tassili Airlines négocie avec Boeing

L’Algérie s’apprête à intégrer le monde de l’industrie aéronautique après avoir accusé de nombreuses années de retard. C’est la compagnie Tassili Airlines (TAL) qui ouvre le bal des négociations avec le constructeur aéronautique américain Boeing pour la réalisation d’un projet de fabrication en Algérie d’équipements et pièces destinés aux avions Boeing acquis par TAL.

Le P-dg de cette compagnie aérienne nationale, Belkacem Harchaoui, annonce, dans une déclaration à l’APS, avoir «proposé à l’entreprise américaine de venir s’installer ici en Algérie pour la fabrication de certains équipements et pièces». Les négociations vont bon train, selon ce même responsable, puisque une commission (de Boeing) viendra l’été prochain en Algérie pour ouvrir ce dossier.

L’Algérie pourra dès lors pouvoir figurer dans la short-list des pays africains qui développent cette industrie dite d’«élite».

En effet, l’Afrique compte uniquement trois pays du continent qui produisent dans le domaine de l’industrie aéronautique mondiale. D’abord l’Afrique du Sud, qui reste le précurseur dans le domaine. Depuis une décennie, c’est l’industrie aéronautique marocaine qui entre en scène couvrant une palette de métiers, dont la production et l’assemblage de pièces, d’équipements et de systèmes, câblage électronique, traitement de surface… C’est ensuite la Tunisie avec ses 50 entreprises pour plus de 10 000 salariés qui a développé depuis 2007 son secteur aéronautique. Pour l’Algérie, des spécialistes dans le domaine ont appelé à maintes reprises à investir dans ce secteur oublié. Lors de la conférence internationale sur la mécanique et l’aéronautique, organisé en octobre 2016, ces mêmes spécialistes et chercheurs ont souligné la nécessité de créer des passerelles entre le monde scientifique et les industriels afin d’exploiter le potentiel national de l’industrie aéronautique.

Abdelkader Kherrat, ingénieur spécialiste dans ce domaine au Canada, avait indiqué que «l’Algérie, doit trouver sa place dans l’industrie aéronautique mondiale. C’est devenu même une obligation, car nos voisins ont déjà pris une avance considérable sur nous dans ce domaine, surtout que la demande existe chez les grands constructeurs (…)». Le P-dg du Groupe Mécanique, Bachir Dehimi, a également estimé que le potentiel national pour développer une industrie aéronautique est «très important».

Ce potentiel a d’ailleurs été confirmé avec le protocole d’accord de partenariat industriel et commercial signé par le ministère de la Défense nationale et le groupe italien Leonardo-Finmeccanica en août 2016 pour la fabrication des hélicoptères de marque Augusta Wesland, sur le site d’Ain Arnat à Sétif.

Possédant une flotte de 12 aéronefs de divers types, TAL s’apprête dans ses négociations avec le groupe américain à recevoir 3 avions Boeing 737-800 de 155 sièges, dont le premier sera livré en septembre 2018. Dans ce cadre, la compagnie TAL (filiale de Sonatrach) vient de proposer à Boeing d’avancer le délai de livraison à juin 2018, au lieu de septembre de la même année afin de «répondre aux besoins de la saison estivale et de revoir à la baisse les prix des trois appareils, estimés à quelque 158 millions de dollars», souligne Harchaoui.

Ces nouvelles acquisitions, ajoute-t-il, permettront à sa compagnie d’augmenter ses parts de marché dans le charter pétrolier à 100% au lieu des 80% actuellement, de renforcer son réseau, notamment vers la France, et même d’organiser des vols réguliers vers l’Afrique. Sur ce dernier point, Tassili Airlines compte lancer prochainement des vols charters vers Nouakchott (Mauritanie) avec une ligne aller-retour Alger-Tindouf-Nouakchott comme sa première destination africaine.

Thanina Benamer
letempsdz.com

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