jeudi 21 novembre 2019
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Mobilisation générale pour relancer la croissance

Mobilisation générale pour relancer la croissance

Fragilisée par les guerres commerciales, l’économie mondiale est au plus mal depuis la crise de 2008. Un peu partout, c’est le branle-bas de combat pour relancer la machine.

La croissance mondiale est aujourd’hui « fragile » et « menacée », estime ce vendredi Christine Lagarde qui quitte la tête du Fonds monétaire international (FMI). Elle s’inquiète notamment des tensions commerciales et en appelle aux dirigeants pour résoudre les incertitudes. Jeudi, l’OCDE, dont les prévisions de croissance mondiale sont à la baisse – les pires depuis la crise de 2008 –, lançait peu ou prou le même message.

Partout, ceux qui dirigent l’économie sont maintenant tendus vers un seul objectif : soutenir l’activité. Car la croissance est mise en danger par les conflits commerciaux, entre la Chine et les États-Unis bien sûr ou encore la Corée du Sud et le Japon pour les principaux. Le Brexit qui pèse déjà sur les investissements, notamment dans le secteur manufacturier. La Banque d’Angleterre a redit jeudi son inquiétude.

Colmater les brèches

Et du côté des banques centrales, on semble s’être donné le mot. Celle de Chine vient d’abaisser un de ses taux d’intérêt. Même mouvement au Brésil et en Indonésie. Les pays émergents sont tout aussi concernés par le ralentissement. Aux États-Unis, la Fed a encore baissé son taux directeur. Depuis trois jours, la banque centrale américaine injecte des dizaines de milliards de dollars sur les marchés monétaires, cruciaux pour le financement des banques et des entreprises. Là aussi, c’est du jamais vu depuis 2008.

En Europe aussi, c’est une priorité, avec de sombres prévisions de croissance, particulièrement en Allemagne, habituellement le moteur du continent. Sans parler de la stagnation en Italie. La France devrait faire un peu mieux. Les trois multiplient d’ailleurs les contacts. Emmanuel Macron en a reparlé cette semaine à Rome. Bruno Le Maire jeudi avec son homologue allemand. Paris et Berlin se disent pour une stratégie économique commune, sans être forcément d’accord sur le calendrier.

JOSEPH STIGLITZ POUR UNE PLUS JUSTE TAXATION DES MULTINATIONALES

Quelles pistes pour éviter une nouvelle crise comme celle de 2008 ? Plusieurs économistes de renom étaient réunis jeudi à Paris. Parmi eux, le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz. Il appelle à une taxation plus juste des entreprises. Avec un constat : dans le système actuel, les multinationales payent moins d’impôts qu’avant la crise de 2008.

« Il est difficile d’augmenter les taxes. Bon nombre de pays se creusent la tête. Comment faire ? On peut par exemple taxer davantage les revenus des particuliers ou augmenter la TVA. Mais si une partie de la société ne paie pas sa part, les recettes fiscales diminuent, souligne-t-il. Et là, on parle d’une très grande partie de la société que sont les multinationales. C’est elles qui ont le plus de moyens pour payer. Aux États-Unis, leurs profits sont incroyablement grands. Si ces entreprises ne payent pas d’impôts, si elles ne partagent pas leurs bénéfices, les recettes publiques diminuent. Par conséquent, les dépenses publiques doivent, elles aussi, diminuer. On dépense moins pour la santé, l’éducation, les infrastructures, la recherche, la technologie. Résultat : notre société devient plus inégale et la croissance ralentit. »

rfi

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