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Modèle énergétique: La montée en puissance du renouvelable

Modèle énergétique: La montée en puissance du renouvelable
«L'équilibre du marché se fera en faveur des énergies plus propres pour ce qui est des coûts et des investissements à venir», a estimé Faith Birol, le directeur exécutif de l'AIE

Des centrales à cycle combiné et des stations de transfert d’énergie par pompage

La transition énergétique est au cœur du modèle énergétique marocain. Il en fait son fer de lance pour consolider sa position en tant que hub régional. «L’intégration énergétique du Maroc dans son espace euro-méditerranéen et africain constitue un vecteur essentiel de sa nouvelle stratégie, de par sa position géostratégique à la croisée des continents européen et africain», tient à préciser Rachid Idrissi Kaitouni, président de la Fédération de l’Energie.

Pour atteindre ces objectifs, le Maroc a adopté plusieurs orientations, à travers la mise en place d’un bouquet énergétique diversifié et optimisé. Développement à grande échelle des ressources nationales en énergies renouvelables (solaire et éolien), promotion de l’efficacité énergétique, mobilisation des ressources nationales fossiles (exploration pétrolière et gazière) ou encore intégration dans le système énergétique régional africain et euro-méditerranéen… Ce sont là les orientations majeures du modèle marocain.

La transition énergétique a été accélérée en décembre 2015 pour porter la part du renouvelable de 42% de puissance installée prévue en 2020 à 52% à l’horizon 2030. Les programmes prévus porteront sur une capacité additionnelle de production d’électricité de sources renouvelables d’environ 10.100 MW, dont 4.560 MW de source solaire, 4.200 MW de source éolienne et 1.330 MW de source hydrique. Ce qui permettra de réduire la forte dépendance énergétique de l’extérieur (93%) pour faire face à une demande accrue et une prédominance des énergies fossiles.

«Ce nouveau challenge est largement réalisable par le Maroc au vu de l’expertise cumulée par ses institutions, de l’attractivité de son modèle énergétique et du potentiel considérable dont il dispose en énergie éolienne estimé à 25.000 MW en on-shore et 250.000 MW en off-shore, en plus du potentiel solaire estimé à 20.000 MW», fait valoir Aziz Rabbah, ministre de tutelle.

D’ailleurs, la nouvelle stratégie d’efficacité énergétique, qui devrait être prochainement présentée au Souverain, sera le code d’accès à la transition énergétique. Plusieurs actions sont programmées pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables. Cela passe, d’abord, par la réalisation de moyens de production flexibles pour faire face au phénomène de l’intermittence. Le premier moyen est de développer des centrales à cycle combiné fonctionnant au gaz naturel. D’ailleurs, la stratégie nationale prévoit la réalisation d’un terminal gazier à Jorf Lasfar avec un investissement de près de 45 milliards de DH.

Le deuxième levier porteur est le développement des stations de transfert d’énergie par pompage (Step). Le Maroc dispose déjà d’une Step de 460 MW et prévoit de réaliser une deuxième de 350 MW. Il vise également à lancer un programme de développement de Step marines. L’intégration industrielle locale constitue une composante tout aussi importante. Pour y arriver, des instituts de formation aux métiers des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique sont en cours de création. S’y ajoute la réalisation du «Green energy park», premier centre en son genre en Afrique.

Force est de constater que le secteur représente de réelles opportunités d’investissements évaluées à l’horizon 2030 à plus de 40 milliards de dollars (374 milliards de DH), dont les trois quarts pour les énergies renouvelables. Plusieurs réformes sont prévues afin d’encourager l’investissement privé et l’ouverture du marché de l’énergie électrique de sources renouvelables aux capitaux privés.

leconomiste

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