Accueil / International / Monte dei Paschi s’oriente vers un renflouement par l’Etat

Monte dei Paschi s’oriente vers un renflouement par l’Etat

Monte dei Paschi s’oriente vers un renflouement par l’Etat

MILAN (Reuters) – Le conseil d’administration de Banca Monte dei Paschi di Siena (MI:BMPS) devrait approuver une demande d’aide auprès de l’Etat italien lors de sa réunion de jeudi, la troisième banque de la péninsule n’ayant pas même levé la moitié des cinq milliards d’euros qu’il lui faut d’ici la fin de l’année.
Les députés ont autorisé mercredi l’Etat à emprunter jusqu’à 20 milliards d’euros pour voler à la rescousse des établissements en difficulté, la banque toscane en priorité.
Cette dernière est parvenue à recueillir deux milliards d’euros de capital par le biais d’une conversion d’obligations en actions.

En revanche, un placement de titres qui s’est terminé ce jeudi à 13h00 GMT a suscité l’indifférence en raison, notamment, du risque politique lié à l’échec du référendum constitutionnel du 4 décembre dernier, qui a abouti à la chute du gouvernement du président du Conseil Matteo Renzi.
Selon des sources proches du dossier, un conseil des ministres se tiendra jeudi soir ou vendredi matin autour d’un décret d’urgence destiné à sauver la plus vieille banque au monde encore en activité.

Le quotidien économique Il Sole 24 Ore écrit que le montage du plan de renflouement pourrait durer de deux à trois mois, sur la base d’une garantie de l’Etat sur les propres emprunts de Monte dei Paschi pour éviter qu’elle soit à court de trésorerie.
La banque a dit elle-même mercredi qu’elle risquait de se retrouver à court de liquidités dans quatre mois, alors qu’auparavant elle se voyait tenir encore 11 mois.
Le sauvetage de Monte dei Paschi est vital pour l’ensemble du secteur bancaire italien, qui ploie sous 360 milliards d’euros de créances douteuses, soit le tiers du total de la zone euro.

RISQUE POUR LES PETITS PORTEURS

Mais il n’est pas sans risque car le droit européen impose désormais de mettre à contribution les créanciers avant de pouvoir mobiliser des fonds publics, ce qui impliquerait de faire perdre une partie de leurs économies à 40.000 petits porteurs d’obligations Monte dei Paschi.
Le ministre de l’Economie Pier Carlo Padoan a cependant déclaré mercredi que le contrecoup pour les particuliers serait “absolument minimisé voire inexistant”.
Les Italiens ont déjà perdu des milliards d’euros à la suite de crises bancaires en série provoquées par une sévère récession qui a mis en lumière les dégâts causés par le clientélisme et une gestion médiocre.

D’autres banques italiennes doivent elles aussi renforcer leurs bilan, en particulier Banca Popolare di Vicenza, Veneto Banca et Banca Carige. Rome a enfin du mal à trouver un acheter pour quatre petits établissements sauvés de la faillite l’an passé, à savoir Banca Etruria, Banca Marche, CariFerrara et CariChieti.
Monte dei Paschi a besoin d’argent frais pour couvrir les pertes d’une future cession de 27 milliards d’euros de créances douteuses exigée par la Banque centrale européenne (BCE).
L’établissement siennois, considérée comme la grande banque la plus fragile de la zone euro, avait espéré que le fonds souverain du Qatar investirait un milliard d’euros dans son augmentation de capital mais cela n’arrivera pas, ont dit des sources mercredi.
Ce même jour, la banque confirmait qu’elle n’avait pu mobiliser d’investisseur stable pour son augmentation de capital.

Si le gouvernement dépense intégralement l’enveloppe de 20 milliards d’euros qu’il est autorisé à consacrer au secteur bancaire, cela ne fera qu’aggraver la situation de la dette. Cette dernière représente 133% du produit intérieur brut (PIB), n’étant dépassée que par la dette grecque au sein de la zone euro. Si on ajoute 20 milliards d’euros de plus, le rapport sera de plus de 134%.
L’action Monte dei Paschi a terminé en baisse de 7,5% à 15,08 euros en Bourse de Milan.

Wilfrid Exbrayat
reuters

Aller en haut