lundi 20 janvier 2020
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Moody’s abaisse les perspectives sur la notation du Nigeria à « négatives » en raison de fragilités sur la dette publique

Moody’s abaisse les perspectives sur la notation du Nigeria à « négatives » en raison de fragilités sur la dette publique

L’agence américaine de notation Moody’s a baissé de « stables » à « négatives », ses perspectives sur les capacités du Nigeria en tant qu’émetteur d’obligations à honorer ses engagements, tant sur son marché local qu’à l’international. Cette nouvelle vient rendre complexe l’intention affichée par les autorités de ce pays de mobiliser des ressources financières via de nouveaux emprunts sur le marché international, afin de financer le gap que connaît son budget.

Moody’s explique sa décision par deux principales raisons. Au niveau interne, le gouvernement affiche une faible capacité à mobiliser des ressources fiscales nécessaires au financement de son budget. Celles-ci dépassent à peine les 8% du produit intérieur brut (PIB) et les mesures internes prises pour combler le manque, présentent un certain nombre de risques.

En effet, le gouvernement d’Abuja a reçu des avances de la Banque centrale. Directement, ces montants représentaient 2,5% du PIB à la fin du mois de septembre 2019. Rappelons que les avances directes de cash de la Banque centrale se font moyennant un taux d’intérêt de 13,5%. A cela s’ajoute une masse d’obligations représentant 1,4% du PIB, qui correspond aux crédits accordés par des banques commerciales, et ayant fait l’objet de refinancement de la Banque centrale.

D’un autre côté, pour défendre la stabilité de sa monnaie, la Banque centrale du Nigeria a émis des titres d’obligations internationaux, dont l’équivalent de 16 milliards $ est détenu par des investisseurs non nigérians. Ainsi, la confortable stabilité extérieure du naira qui se traduit par un encours de réserves de change de 40 milliards $ représentant 6 mois d’importations, est assez fragile, car un découragement des investisseurs étrangers provoquerait une dégradation rapide des comptes extérieurs.

Face à ces deux situations, les analystes estiment que la dette du Nigeria sera difficilement soutenable sur le moyen terme, et que le montant des dépenses publiques affectées au règlement des intérêts se maintiendra encore autour des 25% du budget dans les prochaines années encore. Les alternatives sont peu nombreuses, car les objectifs de diversification des exportations et les politiques de réduction des importations tardent encore à porter des fruits.

Idriss Linge
agenceecofin

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