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Morgan Stanley clôt sur une bonne note les résultats des grandes banques

Morgan Stanley clôt sur une bonne note les résultats des grandes banques

New York – Morgan Stanley a bouclé mercredi une bonne saison de résultats trimestriels pour les six grandes banques américaines, qui ont su profiter du boom du courtage et résister à l’impact négatif des très faibles taux d’intérêts.

Sans grande surprise, la banque d’affaires dirigée par l’Australien James Gorman a annoncé un bond de 61,7% à 1,52 milliard de dollars de son bénéfice net au troisième trimestre.

Les recettes générées par les activités de courtage ont bondi de 29% à 2,6 milliards de dollars. La palme revient au trading des obligations, taux, devises et matières premières (FICC, revenus fixes) dont les recettes ont quasiment triplé à 1,5 milliard de dollars, dépassant largement les pronostics les plus optimistes des analystes (990 millions de dollars).

Le courtage des produits financiers liés aux actions a généré 1,9 milliard de dollars de revenus contre 1,8 milliard à la même période un an plus tôt.

Cette performance “reflète des progrès réguliers et constants pour atteindre nos buts de long terme”, s’est réjoui M. Gorman, qui s’est attelé ces dernières années à rééquilibrer le rapport de force entre les activités spéculatives risquées et la gestion de grosses fortunes et d’actifs, dont les commissions et frais sont réguliers et constants.

Dans l’ensemble, les résultats des six grandes banques américaines — JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley — ont agréablement surpris investisseurs et experts, qui craignaient des bilans moroses du fait d’inquiétudes entourant la croissance européenne, des incertitudes politiques aux Etats-Unis, des interrogations sur la politique monétaire de la Fed et des inconnues sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

- Plans d’économies -

Mais des “conditions favorables” sur les marchés financiers, dont une forte volatilité, ont donné un coup de fouet aux services d’intermédiation des produits.

Les chiffres d’affaires ont pour la plupart augmenté, avec des bonds de 19% chez Goldman Sachs et de 14,7% chez Morgan Stanley. JPMorgan, la première banque américaine, a vu le sien progresser de 8,4%.

Morgan Stanley s’est même payé le luxe d’améliorer nettement le taux de rentabilité de ses capitaux propres, ressorti à 8,7% fin septembre contre 5,6% au troisième trimestre 2015. Ce baromètre, très observé par les investisseurs, n’est plus loin de l’objectif de 10% à atteindre d’ici 2019 que s’est fixé le PDG James Gorman.

Les grandes banques américaines capitalisent sur les difficultés des établissements européens — Deutsche Bank, Credit Suisse, UBS — pour attirer un grand nombre de fonds d’investissement et spéculatifs.

Cette dynamique devrait se prolonger car les institutions financières européennes sont en train de réduire leurs activités de marché pour assainir leurs bilans et se conformer aux exigences de Bâle 3 en termes de fonds propres.

La bonne santé du courtage conforte le choix des grandes banques américaines de ne pas sacrifier, malgré les pressions des politiques et des régulateurs, ce créneau ultra rentable, notamment en cette période de taux d’intérêt bas rongeant les marges dans les activités traditionnelles de crédits et de financement des entreprises.

Les cures d’austérité, l’autre levier pour préserver la rentabilité, se poursuivent. Bank of America a supprimé 2.000 emplois sur le trimestre et fermé des agences dans le cadre d’un nouveau plan d’économies de 5 milliards de dollars d’ici 2018.

Quant à Goldman Sachs, qui propose depuis peu des prêts et des comptes épargne au grand public, elle a supprimé 1.900 emplois et envisage de réduire le nombre de ses traders à New York et en Asie.

Si les amendes ont fondu comme peau de chagrin, les scandales n’ont pas pour autant disparu.

Wells Fargo, considérée comme la plus prudente des six grandes banques, est engluée depuis septembre dans une affaire retentissante de deux millions de comptes fictifs ouverts par des banquiers pour toucher des primes et bonus. Le scandale, qui a conduit à la démission du PDG John Stumpf, a relancé le débat sur l’intégrité de Wall Street.

A Wall Street vers 13H00 GMT, l’action Morgan Stanley gagnait 1,18%, Goldman Sachs 0,21%, JPMorgan 0,22%, Bank of America 0,12%, Wells Fargo 0,16% et Citigroup 0,31%.

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