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Mozambique : défaut, encore !

Mozambique : défaut, encore !

Le Mozambique ratera une fois encore une autre échéance de remboursement de l’une des dettes cachées garanties par le gouvernement, en raison de problèmes économiques et budgétaires qui mettent le pays dans une position extrêmement précaire auprès de ses créanciers cette année, a annoncé lundi le ministère des Finances.

Le présent défaut concerne des « Tuna bonds » (obligations thonières) de 850 millions $ émis en 2013, par la société mozambicaine de pêche Ematum avec la garantie de l’Etat.

Ematum avait levé ces fonds dans des conditions complètement opaques avec le concours du gouvernement Guebuza, pour financer l’achat de 30 bateaux, en réalité des navires militaires. Se trouvant dans l’incapacité de rembourser la charge de la dette, l’entreprise avait demandé une restructuration. Très vite, la situation a pris une autre dimension après la découverte d’une autre dette de 600 millions $ contractée en catimini avec toujours l’appui de Maputo par la société publique Proindicus, entamant la crédibilité du Mozambique auprès des investisseurs.

Déçus, le Fonds Monétaire International et de nombreux autres bailleurs de fonds ont suspendu leurs soutiens budgétaires au pays, entraînant un effondrement de la monnaie locale, le metical et des défauts de paiement successifs. L’institution monétaire avait ensuite exigé un audit international pour revenir à la table des négociations.

Les résultats du cabinet d’audit Kroll sont tombés récemment et accusent aussi bien les autorités locales que les arrangeurs des deals (Crédit Suisse et la banque russe VTB). Le FMI est aussi indexé pour son mutisme face aux faits.

Suite à cet audit qui accuse tous les protagonistes sans situer véritablement les responsabilités, une délégation du Fonds séjourne dans la capitale mozambicaine depuis une semaine pour évaluer le rapport. L’équipe devrait livrer ces premiers résultats à la fin de la mission, le mercredi 19 juillet. Tous les regards sont donc tournés vers la mission du FMI bien que les autorités pensent déjà que les perspectives pour une restructuration, à partir de l’année prochaine, seront meilleures, en raison des prévisions de revenus attendues du secteur de l’énergie.

« Il est important de restructurer la dette du Mozambique envers VTB. Je pense que l’année prochaine, les choses seront différentes. Il y a maintenant la lumière au bout du tunnel, nous avons commencé à recevoir de l’argent de certains contrats de pétrole et de gaz », a déclaré Mario Saraiva Ngwenya, ambassadeur du Mozambique en Russie.

Le Mozambique dispose de grandes réserves de gaz naturel qui continuent d’attirer de nombreuses multinationales du secteur, notamment l’Italien Eni qui a signé un accord de 8 milliards $ pour développer des champs gaziers dans le pays de l’Afrique de l’Ouest. Récemment, Rosneft, la compagnie d’Etat russe spécialisée dans l’extraction, la transformation et la distribution du brut a annoncé également ses intérêts pour le pays.

Toutefois, les créanciers, y compris VTB et Crédit Suisse qui ont organisé les prêts controversés de 2 milliards de dollars, attendent la restructuration.

Fin juin, les arriérés pour les trois prêts, y compris celui de la Mozambique Asset Management (MAM), la troisième compagnie publique du triumvirat à scandale, totalisaient plus de 490 millions de dollars.

Fiacre E. Kakpo
agence ecofin

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