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Mr Messahel et son évaluation du NEPAD

Mr Messahel et son évaluation du NEPAD

Que faut-il retenir de la déclaration du ministre des affaires maghrébines, de l’Union Africaine et de la Ligue des Etats Arabes Mr Messahel devant la conférence internationale sur le financement du développement tenue à Addis-Abeba le 15 Juillet 2015 ?

Le document de la diplomatie algérienne présente comme réels des actes purement imaginaires et donne une version romanesque de l’action menée par le chef de la diplomatie. Le ministre des affaires étrangères a déclaré que :’’De notre point de vue, cette méthode objective ne manquera pas de faire ressortir les éléments essentiels du débat tels que les efforts gigantesques déployés par les pays africains, dans leur ensemble, depuis le lancement du NEPAD en 2002 pour améliorer la gouvernance sous tous ses aspects ‘’.

Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) a échoué sur deux plans essentiels : l’économie et la gouvernance. Les pays fondateurs du NEPAD sont l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Égypte le Nigéria et le Sénégal.

Le NEPAD a été adopté par les Chefs d’États et de Gouvernements africains de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 2001 et a été ratifié par l’Union Africaine (UA) en 2002 pour résoudre les problèmes de développement de l’Afrique sous un nouveau paradigme par l’élaboration notamment d’une stratégie de développement autocentrée.

La notion de développement autocentrée correspond au développement d’un pays basé sur ses propres ressources humaines et matérielles et ne faisant pas appel à l’extérieur, à l’échange international essentiellement.

Les principaux buts du NEPAD consistent à réduire la pauvreté, positionner l’Afrique sur le chemin du développement durable, mettre un terme à la marginalisation de l’Afrique et autonomiser les femmes. Rappelons que l’UA a proclamé l’année 2015 année de l’autonomisation des femmes et du développement en vue de la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Afrique. A quel agenda répond le ministre Messahel ? Ce ministre est-il vraiment préoccupé par l’agenda 2063 de l’Afrique ?

L’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Égypte, le Nigéria et le Sénégal ont alors été appelés à délimiter un cadre socioéconomique intégré pour l’Afrique. Ce projet africain a été suivi en juin 2002 de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies de ce projet comme cadre d’appui au développement en Afrique. Soulignons que le NEPAD a été intégré dans les structures de l’UA en 2010.

Le document intitulé ‘’Plan stratégique 2014-2017 de l’agence de planification et de coordination du NEPAD ‘’ présente le contenu de la stratégie dont les principales actions seront exposées dans cet article :

La stratégie du NEPAD pour la période 2010-2013 a été marquée par un changement dans la gestion du projet : le budget provient notamment de financements de donateurs (à hauteur de 80%).Ceci ne permet pas d’appliquer de façon complète le programme de développement.

Le financement laisse apparaître un obstacle majeur : il reste imprévisible d’une année à l’autre et les montants ne sont pas réguliers. Cette dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs pour le financement du programme de développement est une question alarmante qui a été prise en compte dans la présente stratégie.

De manière collective, les chefs d’Etat et de gouvernement africains se sont engagées à instaurer la gouvernance démocratique et à préserver l’état de droit en consolidant graduellement les potentialités du continent. Cet engagement a été confirmé par l’adoption et l’entrée en vigueur de la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance en 2012.Pour soutenir davantage les mécanismes de démocratie, les dirigeants africains ont adopté le mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) en 2003. Le MAEP a été lancé par l’UA en 2003 dans le cadre de la mise en œuvre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Il s’agit d’un instrument auquel adhèrent volontairement et librement les États membres de l’UA pour promouvoir la Bonne Gouvernance ,soutenir l’intégration de l’Afrique et favoriser l’accélération du développement socio- économique .

Le MAEP examine les quatre thèmes que sont la démocratie et la gouvernance politique, la gouvernance d’entreprise, la gouvernance institutionnelle et le développement socioéconomique des pays membres. Ce mécanisme a pour objectif de corriger les insuffisances démocratiques. L’Algérie sous le gouvernement Benflis (Aout 2000-Avril 2003) a été le premiers pays à l’échelle de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) à adhérer au MAEP en Mars 2003.

Le développement du MAEP pour les décennies à venir sera déterminé par l’évolution d’un certain nombre de facteurs globaux : le facteur économique essentiellement. Il s’agit de relever de manière définitive le défi le plus important celui du manque structurel de ressources financières pour permettre le fonctionnement régulier du MAEP. Le MAEP a dû annuler dans l’urgence l’exercice d’évaluation de Djibouti alors qu’il devait débuter durant la première semaine du mois de Juin 2015 du fait des obstacles financiers. La solution la plus efficace est que les États membres du MAEP paient régulièrement leurs cotisations de 100 000 dollars par an. La réalisation des projets du NEPAD est peu crédible.

Autre aspect qui doit être mis en exergue, concerne l’aspect du développement économique à l’échelle du continent Africain : soulignons que le taux de croissance du continent africain n’exprime qu’une moyenne et que la croissance économique est contrastée entre les pays africains. Il faudrait un taux de croissance de plus de 6 % durant plusieurs années pour combler le retard accumulé depuis plus de vingt ans tout en prenant en compte la croissance démographique et la géographie économique.

Le principal enjeu pour le NEPAD est d’appuyer et renforcer les capacités de développement et le soutien du NEPAD est plus que jamais nécessaire pour accompagner les états membres de l’UA dans la gouvernance au triple plan politique, judiciaire et économique. La bonne gouvernance est un des huit objectifs de l’Agenda Continental 2063.

Le plan stratégique 2014-2017 du NEPAD indique des incohérences au niveau des modalités de son fonctionnement, dans ce même document il est fait mention que’’ la direction en charge de l’élaboration des politiques et des programmes devait se focaliser sur l’analyse et la formulation de stratégies, ainsi que la préparation de programmes. Ceci nécessite la collecte de faits probants et la production d’analyses grâce à un système de connaissance et d’information, tâches également dévolues à la direction en charge de la stratégie et de la gestion des connaissances. Par conséquent, il semblait y avoir un double emploi par rapport au champ d’action attribué à la direction de la stratégie et de la gestion des connaissances et à la direction chargée de la formulation des politiques.’’

Sous cette angle, une proposition mérite d’être mentionnée afin d’améliorer les mécanismes de la gouvernance économique et politique à l’échelle nationale et à l’échelle continentale : impulser une nouvelle dynamique en soutenant les activités de l’Institut Diplomatique et des Relations Internationales (IDRI).Rappelons que le gouvernement Benflis (Aout 2000-Avril 2003) a joué un rôle important en permettant la création de l’IDRI en vue de relever les défis auxquels l’Algérie est confrontée. La réforme des structures de l’institut aura un impact en termes de gouvernance. Cette caractéristique pourra orienter la production d’analyses en politique étrangère afin d’inverser la tendance actuelle du NEPAD.

Benteboula Mohamed-Salah, géographe ,beyusek@hotmail.fr
rapideinfo.net

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