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Naver, le Google coréen, mise sur l’Europe

Naver, le Google coréen, mise sur l’Europe

De passage en France, Hae-Jin Lee a notamment annoncé le doublement du fonds d’investissement géré par Fleur Pellerin.Le groupe coréen voit dans les technologies tricolores un moyen d’affronter les géants chinois et américains.

« Le marché coréen des start-up est très actif, mais pas autant qu’en France », assure Hae-Jin Lee. De passage à Paris, le fondateur de Naver a redit sa conviction : « Il y a énormément d’excellentes technologies développées en France, les chercheurs sont très bons. Et ce potentiel n’a pas été complètement compris par les géants américains. »

Naver, qui a racheté il y a quelques mois les activités de recherche de Xerox à Grenoble, va recruter pour muscler cette équipe qui compte actuellement 70 ingénieurs, et développer des partenariats avec les grandes écoles françaises.

Des tickets de 20 millions d’euros

Surtout, après avoir mis 100 millions d’euros dans K-Fund 1, le fonds d’investissement géré par Fleur Pellerin, Naver vient de doubler la mise. Avec 200 millions d’euros à placer, dont une moitié en France, l’ancienne ministre va pouvoir investir dans des sociétés plus mûres.

Elle pourra aussi gonfler ses tickets – jusqu’à 20 millions d’euros – puisque, lorsque Naver voit des synergies avec son activité, le groupe ne s’interdit pas d’investir en propre à côté de K-Fund 1, comme c’est déjà le cas dans Devialet, le petit prodige de l’acoustique made in France.

Concurrencer les Gafa

A long terme, l’objectif de Hae-Jin Lee est simple : trouver un moyen de concurrencer les mastodontes des technologies, qu’ils viennent des Etats-Unis ou de Chine. « Nous n’avons pas les moyens de nous battre sur le plan purement financier », admet-il. D’où son intérêt pour les innovations européennes, qui, combinées à la connaissance de Naver des marchés asiatiques, pourront faire la différence.

Car, bien que peu connu en Europe, Naver n’est pas le premier investisseur venu. Né en 1999, le groupe est le numéro un incontesté de la recherche en ligne sur son marché domestique et est valorisé quelque 20 milliards d’euros.

Line, valorisé 7 milliards d’euros

Quant à sa filiale japonaise Line (détenue à 80 % par Naver), sa messagerie instantanée lancée en 2011 est devenue un standard dans plusieurs pays d’Asie (Japon, Indonésie, Thaïlande, Taïwan…) et a séduit 220 millions d’utilisateurs. Bien que marginalement présent en Corée du Sud, où Kakao Talk reste la messagerie de référence, Line est lui-même valorisé près de 7 milliards d’euros.

« Je ne pense pas que notre messagerie puisse s’imposer en Europe », reconnaît Hae-Jin Lee, malgré une récente incursion en Allemagne, où Line a lancé une appli de streaming en partenariat avec la chaîne Pro-Sieben. Trop tard, trop compliqué. « Ce qu’il faut, c’est identifier les technologies ou les équipes qui feront les succès de demain. » Avis aux candidats.

Sébastien Dumoulin
lesechos.fr

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