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Neovia parie sur la croissance de l’Afrique

Neovia parie sur la croissance de l’Afrique

Le Breton spécialiste de la nutrition santé animale n’est pas rassasié. Il rachète une société en Afrique du Sud et veut faire du continent africain un relais de croissance.

 

L’Asie bien sûr. L’Amérique du Sud aussi. Mais l’Afrique est aussi appelée à s’éveiller sur le plan économique. « Elle a des terres et de l’eau. C’est aussi le seul continent dont la population va doubler et passer de 1,1 milliard à 2,4 milliards en 2050 », souligne Hubert de Roquefeuil, président de Neovia ex InVivo NSA. Le Breton basé à Saint-Nolff (Morbihan), spécialiste de la nutrition santé animale et des additifs annonce ce lundi 3 octobre l’acquisition en Afrique du Sud de Pennville. Cette PME de 48 salariés est centrée sur le prémix (nutrition animale).

Présent en Afrique depuis une quinzaine d’années, Neovia dispose déjà de deux sites de production en Afrique du Sud: à East London sur la côte Sud du pays et à Brits près de Johanesburg. Il a également noué il y a quelques mois un partenariat stratégique avec Olam au Nigéria pour ses usines d’aliments; basé à Singapour, Olam est un acteur agro-industriel spécialiste du négoce des matières premières qui emploie 62000 salariés dans le monde. Neovia veut doubler son chiffre d’affaires en Afrique à très court terme.

« Il devrait passer de 70 millions d’euros aujourd’hui à 150 millions d’euros à l’horizon 2020. Nous allons aussi racheter d’autres sociétés et nous cherchons un partenaire en Tanzanie et au Kenya. Mis à part un pays comme le Nigéria, il n’est pas question pour nous de construire des usines à la chinoise ou à l’européenne produisant 300000 tonnes d’aliments par an. Nous faisons plutôt le pari de petits ateliers qu’on pourrait disséminer. C’est déjà ce que nous faisons en Inde. Pour qu’elle soit durable, cette croissance ne doit pas être volée», ajoute Hubert de Roquefeuil.

Un développement méthodique mais prudent. « Ils ne sont pas nombreux les acteurs extérieurs à avoir réussi en Afrique. C’est un continent qui rend humble. » Ce développement stratégique n’oublie pas le Maghreb notamment l’Algérie où Neovia s’apprête à reprendre des usines qui étaient sous le contrôle de l’Etat. Neovia, 7700 salariés, 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires s’est donné les moyens de ses ambitions pour accélérer son déploiement à l’international.

Le groupe contrôlé par l’union de coopératives InVivo a réalisé une augmentation de capital de 215 millions d’euros en mars 2015. Depuis cette date, il multiplie les rachats ciblés en Amérique du Sud (Nutrizon au Brésil, laboratoire Agrindustria au Brésil, Feedmill aux Philippines…), prise de participation dans la startup française Equisense spécialisée dans les objets connectés. « Pour nous, c’est aussi un message d’espoir pour l’agriculture française dont l’avenir passe par l’export », estime le président de Neovia.

Patrice MOYON / ouest-france.fr

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