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Netflix écrase la concurrence à coups de milliards de dollars

Netflix écrase la concurrence à coups de milliards de dollars

Selon un rapport, la société californienne prévoit de dépenser 5 milliards de dollars dans les programmes en 2016.Seul ESPN investit davantage.

L’empire Netflix continue de s’étendre. Selon un rapport de la société américaine Janney Montgomery Scott, le géant américain envisage de dépenser 5 milliards de dollars dans ses programmes en 2016, soit la quasi-totalité de son chiffre d’affaires 2014. Un montant qui le placerait devant tous les grands « networks » américains et qui serait supérieur aux montants investis l’an dernier par HBO, Amazon et Showtime réunis. Seul ESPN resterait devant l’an prochain, à cause des coûts élevés de certains droits sportifs.

Pour l’année 2014, Netflix apparaît déjà devant ses concurrents, selon les estimations de Janney et les informations données par chacune des plates-formes. Netflix aurait dépensé environ 2,8 milliards de dollars en programmes l’an dernier, devant HBO (un peu moins de 2 milliards), Amazon (1,3 milliard), Hulu (1,1 milliard) et Showtime (800 millions). La plate-forme tenterait donc de creuser l’écart.

Ces chiffres confirment la stratégie agressive de Netflix en matière de programmes. Selon un autre rapport, publié par RBC Capital Markets il y a quelques mois, ses dépenses se chiffreraient pour 2015 à 3,6 milliards de dollars. Alors que la concurrence est de plus en plus vive sur le marché, Netflix augmenterait donc ses coûts de 50 % d’une année sur l’autre. Pour rappel, au début de l’année dernière, la société californienne indiquait qu’elle prévoyait de dépenser plus de 6 milliards… sur la période 2014-2016. Ces dépenses connaîtraient donc une inflation vertigineuse.

Un calendrier accéléré

Une inflation qui s’explique notamment par la stratégie de production de contenus originaux. Pour se démarquer de la concurrence, Netflix lance ses propres séries, comme « House of Cards », « Orange is the New Black » ou « Marco Polo », qui serait la série la plus chère de l’Histoire, avec un budget estimé à 90 millions de dollars. « Nos contenus exclusifs nous coûtent moins cher, en moyenne et comparé à leur audience, que les contenus pour lesquels nous payons des droits d’acquisition, expliquait le patron de Netflix, Reed Hastings, dans sa lettre aux actionnaires, lors de la présentation des résultats annuels il y a un mois. Nous allons donc continuer à augmenter la part de nos dépenses liées aux contenus originaux. »

Le calendrier de contenus exclusifs devrait s’intensifier dans les prochains mois. Après « Marco Polo » en décembre et la nouvelle saison de « House of Cards » dans quelques jours, Netflix proposera dans les semaines qui viennent « Blood­line » (avec Sam Shepard) ou encore « Wet Hot American Summer », préquelle du film du même nom sorti au début des années 2000, alors qu’un projet d’adaptation de « Zelda » serait en cours…

Le géant assure aussi qu’il souhaite conquérir le monde d’ici à deux ans et passer d’une présence dans une cinquantaine de marchés, à l’heure actuelle, à 200 pays fin 2016. Une expansion nécessairement coûteuse en achat de droits et en production de contenus locaux, Netflix choisissant d’investir dans des programmes locaux sur certains marchés clefs – en France, il a notamment commandé la série « Marseille », prévue pour la fin de l’année voire début 2016, dont le budget frôlerait les 8 millions d’euros. Il espère que ce type de programmes finira de convaincre des téléspectateurs français jusqu’ici récalcitrants. Dans l’Hexagone, Netflix resterait en dessous de ses objectifs, même si l’américain se montre ravi de ses débuts : alors qu’il vise 10 millions de foyers dans les cinq à dix ans, il n’aurait pour l’instant recruté qu’à peine 250.000 abonnés.

Nicolas Rauline
lesechos.fr

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