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Niger, percée dans les infrastructures

Niger, percée dans les infrastructures

Après 4 ans de gestion du pays, le régime nigérien peut mettre à son actif un bilan globalement favorable, en particulier au niveau des infrastructures où le pays enregistre des avancées visibles sur le terrain. Mais sur d’autres plans, beaucoup de défis restent encore à relever.

Le 7 avril dernier, le régime nigérien a célébré en grande pompe les quatre années de son arrivée au pouvoir. L’occasion pour le président Mahamadou Issoufou de présenter un bilan qu’on peut qualifier de globalement satisfaisant au regard des résultats atteints dans la mise en œuvre de son programme politique qu’il a placé sous le signe de la « Renaissance ».

Le taux de croissance économique annuel moyen du Niger entre 2011 et 2014 a été de 6%, selon le Premier ministre nigérien Birgi Raffini. Le taux d’inflation est passé de 2,9% en 2011 à 0,5% en 2012, puis à 2,3% en 2013 et à -0,9% en 2014, soit un taux annuel moyen de 1,2% entre 2011 et 2014 et qui reste en dessous du seuil communautaire de 3%, tel que fixé dans le mécanisme de surveillance multilatérale de l’Uemoa. La pression fiscale, quant à elle, s’est établie à 16,8% en 2014 contre 12,9% en 2010, même si par rapport à l’objectif de 20%, le chef du gouvernement nigérien a reconnu que « des efforts doivent encore être consentis ».

Infrastructures
Chemin de fer, routes, échangeurs (notamment ceux de Niamey), centrale électrique (comme la centrale 100 MW de Gorou Banda), écoles, hôpitaux (comme le nouvel « hôpital de référence » en construction à Niamey)… le régime du président Issoufou semble miser sur les infrastructures, contrairement à ses prédécesseurs. En plus de nombreux chantiers déjà livrés, plusieurs autres projets sont également dans le pipe, comme la construction d’un nouvel aéroport moderne à Niamey.

Les responsables nigériens tentent aussi de dynamiser l’économie en relançant l’entrepreneuriat local et en attirant les investisseurs étrangers comme le groupe Dangote qui a réalisé un investissement colossal dans les domaines cimentier et minier au Niger. «L’objectif de créer 250 000 emplois, tous types confondus sur les 5 ans, est largement déjà dépassé», souligne le Premier ministre nigérien, Birgi Raffini, en poste depuis 4 ans. Par rapport à l’initiative 3N, un des programmes phares de la Renaissance et qui vise l’autosuffisance alimentaire, des mesures d’envergures ont été prises pour renforcer la résilience des populations face aux différents chocs. « L’initiative 3N constitue une véritable révolution verte et elle est en bonne voie avec la mise en œuvre de son plan d’accélération 2014-2015 », a estimé le président. Les résultats enregistrés dans le cadre de sa mise en œuvre ont permis, entre autres, d’atténuer les effets des 3 campagnes agropastorales déficitaires de 2011, 2013 et 2014, en plus de la stabilisation des prix des produits de première nécessité.

Défis
Il convient de rappeler que le président nigérien est arrivé au pouvoir en 2011 avec un programme assez ambitieux qui porte sur 8 axes déclinés en plusieurs volets. Parmi les points clés figurent la relance économique, la sécurité alimentaire à travers l’Initiative 3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens), l’accès à l’eau potable, le développement des infrastructures et de l’énergie mais aussi l’amélioration des indicateurs sociaux, notamment l’éducation et la santé. La feuille de route était donc toute tracée pour le régime qui venait de prendre fonction, mais l’insécurité liée aux groupes terroristes dans la région est venue chambouler l’agenda du gouvernement.

Le gouvernement a également annoncé la mise en œuvre de plusieurs chantiers dans le domaine des infrastructures routières en vue de désenclaver le pays mais aussi dans le domaine énergétique avec l’entrée en service de plusieurs centrales destinées à assurer l’indépendance énergétique du Niger. Pour ce qui est de l’exploitation du pétrole nigérien qui a débuté au tout début du mandat du régime actuel, un protocole d’accord a été signé avec les gouvernements tchadien et camerounais, pour l’exportation du brut nigérien, sur le projet du pipeline export. Selon le chef du gouvernement, l’exportation pourrait débuter en fin 2016. Pour rappel, les recettes tirées du pétrole sont de 426 136 837 418 f CFA sur ces 4 années.

A une année de la fin de son premier mandat à la tête du pays, ce 4e anniversaire coïncide avec le début de la fièvre électorale. La campagne électorale n’est pas encore officiellement ouverte, mais déjà le pays a les regards tournés vers les élections de 2016 auxquels le pouvoir et l’opposition se préparent activement. Il faut dire que le climat politique actuel reste relativement tendu, avec les grognes de l’opposition qui menace de boycotter les prochaines élections générales de 2016.

Ibrahim Souleymane
lesafriques.com

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