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Nigeria : l’écart se creuse entre les banques

Nigeria : l’écart se creuse entre les banques

Les mesures introduites en avril dernier par la Banque centrale nigériane pour stopper la crise monétaire qui frappait le pays, a permis de freiner cette conjoncture. Il n’empêche que cette fenêtre de change a eu des impacts inattendus sur le secteur bancaire, creusant de plus en plus l’écart entre des banques de niveau 1, de plus en plus fortes et des établissements de niveau 2 de plus en plus affaiblis.

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  La fenêtre de change mise en place par la Banque centrale nigériane en avril dernier, a permis de freiner la pénurie de monnaie, qui a été le moteur de l’une des pires contractions économiques qu’a connu le Nigeria en 25 ans. Cette mesure a également impacté le secteur bancaire renforçant les établissements les plus forts et affaiblissant les plus petits.

La situation de Guaranty Trust Bank, plus important prêteur du pays renseigne sur cette conjoncture. L’établissement prévoit en effet de rembourser ses emprunts de 400 millions de dollars, une fois arrivés à échéance en novembre 2018. Alors que l’United Bank for Africa, troisième plus grand prêteur par valeur de marché, a de son côté levé 500 millions de dollars, dans sa première vente Eurobond à des rendements inférieurs à la ligne initiale.

Du côté, des prêteurs de petite et moyenne taille, ces établissements ont abandonné leurs ambitions portant sur l’augmentation de leurs emprunts en dollars, préférant prêter en naira localement aux tranches les plus petites. Ces structures que les experts désignent comme des banques de niveau 2, connaissent également des difficultés en termes de recapitalisation et d’émission de créances. Une situation qui pousse certaines de ces banques de niveau 2 à se séparer d’une partie de leurs actifs pour se maintenir à flot.

Insuffisance de capital endémique

Cet écart entre banques de niveau 1 et de niveau 2 semble ainsi s’être élargi en termes de rentabilité. Les banques classés dans la deuxième catégorie connaissent de grandes difficultés pour tenir face à la détérioration de la qualité de leurs actifs. L’émission d’euro-obligations ne suffit plus à ses établissements, comme c’est le cas pour l’Ecobank Transnational qui prévoit de vendre prochainement une caution convertible en 5 ans de 400 millions de dollars pour refinancer la dette et fournir de la trésorerie à court terme pour pallier aux prêts improductifs de sa filiale nigériane.

Parallèlement, l’indice bancaire boursier nigérian a progressé de 44% depuis le début 2017. Un indice où les banques de niveau 1 comme United Bank et Access Bank ont progressé respectivement de 99% et 88%. Là où des établissements de niveau 2 comme Skye Bank, Union Bank, n’ont gagnés que 10% lors de la même, voire 2% pour la Wema Bank. L’insuffisance de capital ré-injectable dans le tissu économique ou destiné à l’émission de prêts représente un danger pour les banques de niveau 2 qui risquent de voir leur situation se détériorer. Ce alors, que le FMI prévoir une légère amélioration de l’économie nigériane courant 2017.

La Tribune Afrique

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