Accueil / Développement / Nigeria: une allocation pour les personnes vulnérables

Nigeria: une allocation pour les personnes vulnérables

Nigeria: une allocation pour les personnes vulnérables

Depuis le 1er janvier 2017, est testé un revenu minimum au Nigeria. Cette allocation s’élève à 5 000 nairas versés tous les mois aux personnes vulnérables. C’était une promesse de campagne du candidat Muhammadu Buhari avant son élection en 2015, inspirée notamment par la « Bolsa familia » brésilienne. Le gouvernement fédéral a inscrit le projet dans son budget 2016. Il a sollicité un prêt de la Banque mondiale pour former les équipes chargées du suivi sur le terrain. Neuf Etats du Nigeria ont été sélectionnés pour démarrer cette allocation mensuelle. Comment cette aide va-t-elle s’inscrire dans un pays à presque 200 millions d’habitants ? Sur quels critères les bénéficiaires sont désignés ? Ce sont des équations complexes à résoudre, d’autant que l’Etat providence est une notion vague et inconnue au Nigeria.

A Lokoja, la capitale de l’Etat de Kogi dans le centre du pays, Tope Sinkaiye coordonne l’Agence nationale en charge de verser cette allocation pour les familles vulnérables. Elle est en visite dans un centre à ciel ouvert, pour l’enregistrement des bénéficiaires. La foule est nombreuse : plus de 500 personnes espèrent pouvoir être retenues alors que la sélection est stricte, précise Tope Sinkaiye : « chaque communauté détermine ses propres critères. Qui sont les personnes vulnérables ? Qui sont les gens les plus mal lotis au sein de la communauté. Donc, les gens identifient eux-mêmes les bénéficiaires. Et nous, à l’échelon fédéral, nous n’avons pas notre mot à dire. »

Une identité bancaire pour les personnes sélectionnées

Dans ce quartier, près de 150 personnes sont inscrites. D’abord accueillies par des correspondants de quartiers, ces bénéficiaires rencontrent ensuite des agents bancaires. Toute l’opération se déroule dans la rue. Muni d’un ordinateur portable, Khedijah tend devant chaque visage un appareil photo biométrique, avant de prendre les empreintes digitales : « Je suis en train de créer des numéros d’identité bancaire pour ces futurs bénéficiaires. Mais actuellement nous travaillons hors connexion. Ici dans ce quartier, le réseau internet est trop faible pour qu’on puisse faire des inscriptions en ligne »

Ce numéro d’identité bancaire est indispensable pour ouvrir un compte
au Nigeria. La majorité de cette assemblée n’a jamais eu de contact avec une banque auparavant. C’est le cas de Zainab Audu : « Jusqu’à maintenant, je croyais que ce projet, c’était une arnaque. J’étais en colère. Mais je me suis rendu compte que c’était bien réel. J’ai commencé à louer le Ciel. Car je sais combien ce programme va nous aider ma famille et moi. J’en suis sûre. Cet argent va nous sortir des bas-fonds où nous vivons. Désormais, nous allons pouvoir envoyer nos enfants à l’école, puisque nous avons une aide qui nous permet de payer leur scolarité. »

Une lueur d’espoir pour Zainab. Dans quelques jours, comme 11 000 familles
de l’Etat de Kogi, elle recevra un message sur son téléphone portable. Cette alerte la préviendra du versement effectif et mensuel des 5000 nairas, c’est l’équivalent de 15 euros.

Moïse Gomis
rfi

Aller en haut