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Nos téléphones utiliseront-ils aussi peu d’énergie que notre cerveau?

Nos téléphones utiliseront-ils aussi peu d’énergie que notre cerveau?

C’est l’un des axes de recherche de l’IRCICA, l’institut de la Haute-Borne, spécialisé dans l’information et la communication. Parce qu’un portable consomme presque autant qu’un réfrigérateur, parce que 50 milliards d’objets seront connectés d’ici à 2020, l’énergie se pose en enjeu scientifique majeur.

Tous les jours, votre téléphone portable gaspille une énergie phénoménale. Peu en conversation, énormément en transfert de données. « En moyenne, chaque appareil échange 2 Go par mois et utilise quasiment autant d’énergie qu’un réfrigérateur », pointe le Pr Alain Cappy, physicien et spécialiste des nanotechnologies. Or, le nombre de données créé et celui des échanges croît de manière exponentielle, « et n’oublions pas que 60 % de notre énergie provient du gaz et du charbon, il faut que les citoyens en aient conscience », plaide encore le chercheur. « Un des enjeux majeurs des technologies de l’information et de la communication, c’est l’utilisation de faibles énergies », insiste le Pr Nathalie Rolland, directrice de l’IRCICA.

« Nos systèmes sont capables d’apprentissage, comme un enfant »

Mais aujourd’hui, les ordinateurs chauffent quasiment autant qu’aux débuts de l’informatique. Impossible d’améliorer les performances des machines sans surchauffe. Leur point faible : leurs circuits, qui consomment dix fois plus qu’une plaque chauffante. « Nous travaillons sur un modèle en totale rupture avec ce système », décrypte Alain Cappy. Son modèle : le cerveau, « que la nature a conçu économe en énergie. À performance égale, l’intelligence artificielle consomme un million de fois plus d’énergie que l’intelligence «naturelle» », analyse le physicien.

Alors, les circuits conçus par l’IRCICA ont pris leurs distances par rapport au mode binaire, cette fameuse suite de 0 et de 1 qui compose le langage informatique. « Nos systèmes fonctionnent par impulsion, comme le cerveau. Et ils sont capables d’apprentissage, comme un enfant », révèle encore Alain Cappy. Attention, pas question encore de parler d’intelligence artificielle mais de « plasticité » des composants.
Des neurones plus performants

Cette technologie « bio-inspirée » (inspirée par la biologie) se travaille à l’échelle nanométrique, soit un milliardième de mètre, l’équivalent d’un millième de cheveu. « L’avantage de ces neurones artificiels, c’est qu’ils sont cent fois plus performants que la nature », se réjouit Alain Cappy. Sur cette thématique, l’IRCICA travaille avec une SATT, une société de transfert de technologie et cherche des partenaires industriels.

lavoixdunord.fr

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