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Nutriset trouve un allié pour se développer au Nigeria

Nutriset trouve un allié pour se développer au Nigeria
Au Nigeria, où quelque 500.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition, l’enjeu alimentaire est considérable.

La PME de Rouen a conclu un accord de partenariat avec le milliardaire Aliko Dangote.

Le numéro un mondial pour le traitement de la malnutrition des enfants, Nutriset, élargit sa présence en Afrique en s’implantant au Nigeria. Cette PME rouennaise vient de conclure un accord avec l’entreprise agroalimentaire nigériane Dansa, qui appartient au conglomérat du milliardaire philanthrope Aliko Dangote, présent dans la farine, le sucre, les sodas, l’énergie et surtout le ciment. Les deux partenaires bâtiront une coentreprise qui fabriquera sur place les produits thérapeutiques et nutritionnels de la gamme Nutriset, comme la pâte nutritive Plumpy’Nut, référence pour les organisations humanitaires depuis sa création en 1996. L’usine, qui devrait ouvrir ses portes en juillet 2017, sera implantée sur la côte sud-est du pays dans une région relativement éloignée des activités des milices de Boko Haram. « Nous aiderons à la mise en place de l’usine, mais le staff sera local tout comme, autant que possible, l’approvisionnement en matières premières », précise Adeline Lescanne-Gautier, directrice générale de Nutriset.

Rapprocher la production des besoins

 

Dans ce pays de 180 millions d’habitants, l’enjeu alimentaire est considérable : quelque 500.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition. L’usine aura une capacité de production à terme de 20.000 tonnes, ce qui fera de la coentreprise l’un des plus importants partenaires du réseau que Nutriset développe sur le même modèle depuis 2005 dans les pays du Sud. Baptisé « PlumpyField », il est présent au Burkina Faso, au Niger, au Soudan, en Ethiopie, à Madagascar, en Inde et en Haïti. Il compte aussi un membre aux Etats-Unis, condition sine qua non pour l’accès aux programmes d’aide américains. « Ce réseau se veut un outil de développement en rapprochant la production des besoins car cela ne paraît pas logique que le Nord fabrique pour le Sud », résume Adeline Lescanne-Gautier.

Le réseau, dont les clients sont les Nations unies, les ONG et les Etats, se déploie dans des régions du monde difficiles sur le plan économique et politique. Dans la majorité des cas, les efforts ont permis de pérenniser les initiatives. Mais dans d’autres, Nutriset a dû se retirer, faute de trouver l’équilibre, comme en République démocratique du Congo, où les taxes frappant les produits importés ont eu raison du partenariat. « Nous essayons au maximum d’utiliser des produits locaux, mais cela n’est pas toujours possible, comme pour la poudre de lait, et, sans exemption de taxes, le modèle économique n’est pas viable », explique Adeline Lescanne-Gautier. Pour autant, les dirigeants de Nutriset estiment que le réseau dispose d’une marge de progression en particulier en Asie du Sud-Est, où il est peu présent. Mais ces pays sollicitent peu les programmes d’aide.

Nutriset, qui emploie 170 salariés pour un chiffre d’affaires de 106 millions d’euros, a produit 35.000 tonnes d’aliments thérapeutiques en 2015 et le réseau 20.000 tonnes. Leurs capacités leur permettent de doubler le rythme de fabrication en cas de crise alimentaire. Mais l’activité du réseau, qui a profité à plusieurs millions d’enfants en 2015, reste tributaire du financement de l’aide alimentaire par les pays développés. Seuls 25 % des besoins estimés pour 2016 sont couverts par l’aide internationale. Propriété de la famille Lescanne, Nutriset assure réinvestir dans l’entreprise la plus grande partie de ses bénéfices et affirme régulièrement qu’il n’a qu’un « mandat » : nourrir les enfants. Né en 1986 à la faveur des crises alimentaires, il travaille aujourd’hui à l’élaboration d’une gamme de recettes traditionnelles, qui pourraient stimuler l’émergence d’une industrie agroalimentaire locale.

 

 

 

 

Dominique Aubin / lesechos.fr

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