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Octobre noir pour les gestionnaires d’actifs mondiaux

Octobre noir pour les gestionnaires d’actifs mondiaux

Entre janvier et fin octobre, la capitalisation des principaux asset managers cotés a fondu de près de 30 %.

Premières victimes de la dégradation de l’environnement de marché, les grands gestionnaires d’actifs n’en finissent plus de dévisser en Bourse. La chute, d’abord brutale en février puis continue au fil des mois (à l’exception de juillet), s’est accentuée ces dernières semaines. Résultat : entre janvier et fin octobre, l’indice Bloomberg qui retrace la performance des quatorze principaux asset managers cotés mondiaux a reculé de près de 30 %.

Les géants américains ont fini par flancher

Même les américains T.Rowe Price et BlackRock ont fini par décrocher en octobre. A mi-année, le premier évoluait encore dans le vert. Quant à BlackRock, qui était quasiment à l’équilibre à la fin du premier semestre, son cours a lâché 18 % entre le 1er et le 26 octobre. Il faut dire qu’entre juillet et septembre, pour la première fois depuis le deuxième trimestre de 2015, les investisseurs lui ont retiré plus de capitaux qu’ils ne lui en ont confié (3,1 milliards de dollars de décollecte nette).

En cause : « l’anxiété des investisseurs » , pour reprendre les mots de Larry Fink, le patron du géant de la gestion indicielle. Dans un contexte de guerre commerciale et de remontée des taux, ces derniers redoutent un ralentissement de la croissance mondiale et une baisse des marges du côté des entreprises. Yngve Slyngstad, à la tête du puissant fonds souverain norvégien, s’est ainsi déclaré « prêt à affronter les turbulences des marchés ». Le « signal d’alerte » pour lui ? « Le nombre de marchés actions se portant bien diminue et, au sein de chacun de ces marchés, de moins en moins d’entreprises portent la performance. »

La collecte d’Amundi a nettement ralenti

Le leader européen Amundi a défendu « une activité toujours solide dans un environnement plus difficile » à l’occasion de ses résultats trimestriels jeudi dernier. A 6,1 milliards d’euros, la collecte a été divisée par cinq par rapport à celle du troisième trimestre 2017. Mais elle reste positive, ce qui n’est pas le cas de tous ses concurrents. Son ratio d’exploitation a encore été abaissé : il est passé de 53,1 % en fin d’année dernière à 51,2 %. La filiale du Crédit Agricole (à 70 %) a en outre confirmé ses objectifs 2020. Et si ses revenus reculent de 1,6 % à 622 millions d’euros, le résultat net a progressé de 13,3 % à 209 millions.

Cela n’a pas empêché le cours de plonger de près de 8 % la semaine dernière… Entre le 1er et le 26 octobre, le champion français de la gestion d’actifs a chuté de près de 20 % en Bourse. A 51,70 euros en fin de semaine dernière, son cours était retombé à son plus bas niveau depuis mars 2017.

Pour les asset managers moins solides, la dégringolade boursière ressemble fort à une sanction. En Allemagne, DWS, la filiale de gestion de la Deutsche Bank, a affiché une décollecte nette de 2,7 milliards d’euros au troisième trimestre et écarté son directeur général, le Français Nicolas Moreau . Depuis son introduction en Bourse de mars 2018 , le cours de DWS a baissé de 26,6 %.

Sophie Rolland
lesechos.fr

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