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Oracle accélère sa transition dans le cloud

Oracle accélère sa transition dans le cloud

Les revenus du groupe américain liés à l’informatique dématérialisée ont progressé de 62 % au dernier trimestre. Oracle mise sur une offre de « data analytics » poussée pour se distinguer de ses concurrents.

Parmi les fabricants de logiciels, Oracle est connu pour son amour des superlatifs. Le dernier à en faire les frais est Amazon. Depuis septembre, la société basée à Redwood City, dans la baie de San Francisco, pilonne son rival à chaque conférence de presse. La raison ? Amazon Web Services (AWS), la filiale du géant de l’e-commerce, est considéré comme le numéro un du cloud, un titre qu’Oracle veut absolument lui ravir.

L’éditeur, qui fête ses quarante ans cette année, a entamé sa transition d’un modèle de vente de licences à une offre d’abonnement avec du retard par rapport à ses concurrents Salesforce ou Microsoft. Mais Mark Hurd, l’un de ses deux PDG (lire ci-dessous), assure aujourd’hui être à la tête de « l’entreprise ayant la plus forte croissance dans le cloud ». Au dernier trimestre, les revenus d’ Oracle issus de ce secteur ont en effet progressé de 62 % par rapport aux trois premiers mois de 2016, pour atteindre 1,2 milliard de dollars. Pendant ce temps, le chiffre d’affaires d’AWS a, lui, « seulement » progressé de 42 %. Mais ses revenus représentent le triple de ceux d’Oracle : 3,6 milliards de dollars.

L’écrasante majorité (67 %) des revenus de l’entreprise californienne provient toujours des ventes de licences et des services de mise à jour et de support des logiciels installés chez les clients. La part du cloud est cependant passée de 8 à 13 % des recettes en un an, et la société assure que son chiffre d’affaires récurrent, un indicateur étalant sur l’année les abonnements, atteint 5 milliards de dollars pour 2017.

Rafler la première place

Oracle estime que sa stratégie des petits pas lui permettra, au final, de rafler la première place. La société s’est attaquée par étapes à chacune des couches du cloud. « Nous avons commencé par les applications, puis la plate-forme, et nous nous consacrons désormais à la location d’infrastructures », explique Mark Hurd. Son groupe a ainsi développé une suite de huit logiciels accessibles via abonnement, allant de la coordination des activités de l’entreprise (ERP) au management de la chaîne logistique, en passant par la gestion des ressources humaines.

Dans ce secteur, il est en compétition avec Salesforce ou Workday, mais il gagne du terrain sur certains logiciels. Il vient notamment d’annoncer la signature d’un contrat avec l’opérateur télécoms ATT pour faire migrer dans le cloud l’application utilisée par ses 70.000 techniciens de terrain. Oracle estime également se distinguer par un meilleur traitement des données (lire ci-contre). Afin de se renforcer sur cette offre, la société a finalisé le rachat de NetSuite pour plus de 9 milliards de dollars, en novembre. Avec une trésorerie de 58 milliards de dollars, d’autres rachats sont probables de la part de ce « serial acquéreur », pour reprendre l’expression de Mark Hurd.

Depuis septembre, la société a également décidé de se lancer dans la location d’infrastructures informatiques, allant sur le terrain d’Amazon, de Microsoft et de Google. Un pari risqué, car les marges y sont bien plus faibles à cause des investissements nécessaires pour construire les « data centers » : alors que son activité de vente d’applications et de plates-formes a une marge de 62 %, celle de la location d’infrastructures ne dépasse pas 30 %.

Surtout, cette offre ne représente encore que 2 % de ses revenus. Pour attirer les clients, Oracle assure que ses performances sont jusqu’à 7 fois plus rapides que celles de ses concurrents, et que pour faire tourner les grosses bases de données Oracle, il vaut mieux utiliser sa propre infrastructure. Une affirmation contestée par Amazon, qui revendique la migration d’un nombre de plus en plus important de bases de données vers ses services : 20.000 en mars, une augmentation de plus de 80 % en six mois. La bataille des chiffres n’est pas près de s’arrêter.

Anaïs Moutot,
Les Echos

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