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Orange + Bouygues Telecom : ça ne capte pas

Orange + Bouygues Telecom : ça ne capte pas

La fusion ne se fera pas. Les conditions de gouvernance imposées par l’Etat à Bouygues ont fait capoté l’opération.

Après près de trois mois de négociations poussées débouchant sur un schéma complexe de partage des actifs, le rachat de Bouygues Telecom par Orange ne se fera pas. Les conseils d’administration des deux groupes n’ont finalement pas attendu ce dimanche pour entériner leur décision qui a finalement été communiqué ce vendredi soir.

“A l’issue de discussions approfondies, le Conseil d’Administration d’Orange a constaté qu’un accord en vue d’un rapprochement avec Bouygues Telecom n’a pu être trouvé. Il a donc été décidé de mettre un terme aux discussions engagées le 5 janvier dernier entre Orange et Bouygues”, indique Orange dans un communiqué.

Comme prévu, le point de blocage s’est situé au niveau de la valorisation de Bouygues Telecom et de la volonté de l’Etat de ne pas voir sa position d’actionnaire principal se diluer tout en empêchant Bouygues de monter dans le capital de l’opérateur historique.

Martin Bouygues évaluait sa filiale à 10 milliards d’euros (montant qui servirait de référence au montage financier) alors que l’Etat l’estime plutôt à 6 milliards. Une différence qui aurait donc des conséquences sur la part de Bouygues dans Orange. Concrètement, les fonctionnaires de Bercy voulaient valoriser Orange le plus cher possible (à 18,5 euros l’action alors que les négociations s’étaient fixées sur 17 euros), et Bouygues Telecom le plus bas possible.

Conditions inacceptables pour Martin Bouygues

Par ailleurs, l’Etat qui détient 23% d’Orange (à travers Bpifrance et l’Agence des participations de l’Etat) et l’actionnaire ne souhaitait pas passer en dessous des 21% et conserver trois sièges au conseil d’administration.mécaniquement la part de Bouygues dans l’opérateur qui souhaitait à travers cette opération se hisser à 15% du capital d’Orange mais qui n’obtiendrait finalement que 10%.

Autant d’éléments qui auraient réduit mécaniquement la part de Bouygues dans l’opérateur qui souhaitait à travers cette opération se hisser à 15% du capital d’Orange mais qui n’aurait finalement obtenu que 10 à 12%. “Il y avait un écart de valeur entre ce que proposait l’État, ce qu’avait avancé Orange et ce qu’attendait Bouygues et l’écart n’a pas pu être comblé”, résume une des sources proches.

D’autant plus que l’Etat exigeait une clause empêchant Bouygues de monter dans le capital d’Orange dans les sept prochaines années. Des conditions jugées inacceptables par Martin Bouygues qui a donc décidé d’arrêter les frais, estimant que l’Etat était hostile à la montée de son groupe dans le capital d’Orange, objectif.

Bouygues s’inquiétait également du risque de non exécution de l’opération : dans l’attente du feu vert de l’Autorité de la concurrence, Bouygues Telecom aurait été très fragilisé en cas d’échec.

Au grand dam de Stéphane Richard, le marché restera donc à quatre avec un Bouygues Telcom qui va tenter à nouveau d’appliquer sa stratégie en solo dans un marché toujours hyper concurrentiel et donc toujours aussi difficile pour les marges des opérateurs.

Olivier Chicheportiche
zdnet.fr

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