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Ouganda : financement franco-allemand pour la Centrale de Muzizi

Ouganda : financement franco-allemand pour la Centrale de Muzizi

Le budget de construction de la centrale hydroélectrique de Muzizi en Ouganda est en train d’être bouclé progressivement. La France et l’Allemagne viennent d’octroyer un financement total de 90 millions d’euros pour la réalisation du projet. Le reste de la somme sera dégagé par le gouvernement ougandais pour le début des travaux destinés à l’augmentation de la puissance énergétique de ce pays.

Déjà doté d’une capacité énorme en énergie, l’Ouganda investit encore dans la construction d’une centrale électrique afin d’augmenter sa couverture en énergie électrique. Ce sera à travers la nouvelle centrale de Muzizi. La France et l’Allemagne ont décidé de financer ce projet dont la réalisation est évaluée à 110 millions d’euros.

Aujourd’hui lundi, les deux pays ont décaissé 90 millions d’euros sur la somme totale. Ces fonds ont été pourvus à hauteur de 45 millions euros par l’Agence française de développement sous forme de crédit concessionnel et de 40 millions euros par la KfW Bank d’Allemagne, sous forme de prêt concessionnel. En plus, la KfW a octroyé une autre subvention de 5 millions € au projet.

Un communiqué rendu public renseigne que le gouvernement ougandais s’est engagé à dégager le reste du financement pour la réalisation des travaux. Selon le texte, le projet de Muzizi accroitra la capacité électrique actuelle du pays de 5%, produisant assez d’électricité pour alimenter environ 1 million de ménages.En effet, la Centrale de Muzizi sera dotée d’une capacité de 44,7 MW. Elle sera installée dans le cours inférieur du fleuve Muzizi et desservira les localités de Kibale, Kabarole, Kyenjojo et Ntooroko, dans l’Ouest du pays.

Risque d’endettement excessif

Le gouvernement ougandais met tout en œuvre pour atteindre une capacité énergétique de 1 500 MW, d’ici à 2018. La capacité actuelle est de 850 MW. Si pour les autorités, le pays sera indépendant énergétiquement, des analystes économiques parlent de la possibilité d’avoir des effets contraires. En effet, dans un récent rapport sur les transactions électriques du pays couvrant la période 2014-2015 il est indiqué que l’engagement du gouvernement à investir dans les projets, sans une analyse préalable adéquate des limites en matière de demande, pourrait le rendre incapable de s’acquitter des dettes contractées pour la réalisation desdits projets. En janvier 2016, le pays avait une surcapacité de 118 MW avec un taux d’électrification de 20%, dû en grande partie à l’étroitesse du réseau électrique national. Dans le même temps, le tarif électrique est le plus cher de la région. Ce que les autorités tentent de corriger avec les investissements.

Didier Assogba
la tribune afrique

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