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Pas de pétrole saoudien pour l’Egypte : Le Caire voit rouge

Pas de pétrole saoudien pour l’Egypte : Le Caire voit rouge

Le géant pétrolier saoudien a décidé de ne plus approvisionner l’Egypte en octobre, au moment où les deux pays ont fait éclater leur désaccord au sujet de la Syrie. Le Caire s’est rapproché de la Russie, alliée du président syrien Bachar Al Assad, tandis que Riyad soutient des groupes d’opposition au régime syrien. L’Arabie Saoudite avait passé un accord en avril avec l’Egypte pour la fourniture, sur cinq ans, de 700 000 tonnes de produits pétroliers par mois, pour une valeur de 23 milliards de dollars (20,8 milliards d’euros). En octobre, Le Caire a dû lancer des appels d’offres sur les marchés internationaux pour assurer son approvisionnement.
«En novembre, nous achèterons sur des marchés internationaux», a déclaré un responsable du ministère, ajoutant que l’Egypte n’a pas été informée d’une éventuelle reprise des
livraisons d’Aramco. L’Arabie Saoudite a soutenu le maréchal Al Sissi pour faire chuter du régime des Frères musulmans dirigés par Mohamed Morsi. Elle a versé des milliards de dollars d’aide au Caire depuis la chute du régime islamiste de Mohamed Morsi, en 2013. Le soutien saoudien au régime égyptien actuel s’est également manifesté par une aide économique significative à l’Egypte. L’Egypte a voté, le 8 octobre 2016 au Conseil de sécurité des Nations unies, en faveur d’un projet de résolution russe sur la situation à Alep, projet auquel l’Arabie Saoudite s’est opposée. Le représentant saoudien à l’ONU, Abdallah Yahya Al Mouallimi, s’est demandé comment certains pays non arabes soient plus proches des positions arabes que l’Egypte. Il a qualifié le vote égyptien en faveur du projet de résolution russe de «douloureux» pour l’Arabie Saoudite.
Quant au président Al Sissi, il a relevé la nécessité de préserver les relations avec les monarchies du Golfe, mais dans le respect de la souveraineté nationale : «Nous tenons beaucoup à nos relations historiques avec nos frères dans le Golfe» mais «dans le cadre du respect mutuel de la souveraineté» des pays. «Si l’on veut une véritable souveraineté dans les prises de décision, il faut savoir que les nations qui sont souveraines dans leurs décisions souffrent, elles souffrent beaucoup (…) Ceux qui veulent exercer leur libre arbitre doivent endurer.» L’Arabie Saoudite n’a pas apprécié aussi la coopération mitigée de l’Egypte avec la coalition arabe dans sa guerre contre les Houthis au Yémen, Le Caire, qui fait partie de la coalition menée par Riyad, ayant refusé d’envoyer des troupes au sol. Tout porte à croire dès lors qu’il ne s’agit plus de frictions passagères. D’autant que l’Egypte considère son approvisionnement en hydrocarbures comme une « ligne rouge »… Transgressée, déjà, par Riyad.

perspectivesmed.ma

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