Accueil / International / Pearson sort de la presse avec la vente de The Economist

Pearson sort de la presse avec la vente de The Economist

Pearson sort de la presse avec la vente de The Economist

Laissant son rôle de premier actionnaire aux Agnelli, le groupe britannique empoche 469 millions de livres. Il parachève ainsi son recentrage sur l’éducation, où il est présent dans l’édition et les services.

C’est la fin d’un désengagement. Près de cent ans après être entré dans les médias en achetant, au début des années 1920, une kyrielle de quotidiens et d’hebdomadaires locaux au Royaume-Uni, le groupe britannique Pearson, ex-entreprise de construction devenue conglomérat, a parachevé mercredi sa sortie du secteur. Elle a annoncé la vente de ses 50 % dans « The Economist » pour 469 millions de livres (663 millions d’euros).

Déjà actionnaire à hauteur de 4,7 %, Exor, holding de la famille italienne Agnelli – qui porte notamment sa participation dans Fiat Chrysler, Fiat étant lui-même premier actionnaire du groupe de presse RCS Mediagroup (« Corriere della Sera ») – montera à 43,4 % moyennant 287 millions de livres. Le reste des actions détenues par Pearson seront rachetées pour 182 millions de livres par le groupe The Economist lui-même, ce qui permettra de relever de 25 % les participations des autres actionnaires : les familles Cadbury, Layton, Rothschild (la branche anglaise) et Schröder, notamment.

Pearson se concentre sur le monde de l’éducation

« The Economist » avait été acquis par Pearson en 1957, la même année que le « Financial Times ». Clin d’œil de l’histoire, il aura été vendu à trois semaines d’intervalle ( le groupe a récemment vendu le FT Group au japonais « Nikkei » pour 844 millions de livres). Jamais cependant, précise-t-on chez Pearson, il n’a été question de vendre les deux actifs en un seul lot, tant l’histoire des deux titres était différente, et les perspectives de plus-values supérieures avec des acheteurs distincts.

Pearson avait déjà cédé l’espagnol Recoletos en 2005, le groupe Les Echos en 2007, et le « FT Deutschland » en 2008. « Nous sommes désormais 100 % concen trés sur notre stratégie dans l’éducation mondiale (édition et services, NDLR), s’est félicité le directeur général de Pearson, John Fallon. Le monde de l’éducation change rapidement et nous y voyons d’importantes opportunités ». Le secteur est, il est vrai, plus porteur que celui de la presse, et le marché fait pression depuis longtemps pour que le groupe opère un tel recentrage.

Think tank de l’économie libérale

Afin de préserver une indépendance dont « The Economist » s’est toujours montré jaloux (vis-à-vis de son actionnaire mais aussi, à l’époque où il était dans le même groupe, du « Financial Times »), la gouvernance sera modifiée pour interdire à tout actionnaire individuel de détenir plus de 20 % des droits de vote, et à toute entreprise ou particulier de monter à plus de 50 % du capital.

« The Economist » est l’un des groupes de presse les plus florissants. Il a su s’internationaliser (quatre cinquièmes de ses 1,6 million d’exemplaires se vendent hors Grande-Bretagne) et percer aux Etats-Unis. Il a bien négocié le virage du numérique. Et sa marque, qui désigne quasiment un think tank de l’économie libérale, est aujourd’hui mondiale.

lesechos.fr

Aller en haut