jeudi 24 janvier 2019

Accueil / International / Pékin fait marche arrière sur le « Made in China 2025 »

Pékin fait marche arrière sur le « Made in China 2025 »

Pékin fait marche arrière sur le « Made in China 2025 »

La Chine semble faire marche arrière sur son programme industriel « Made in China 2025 », qui indispose depuis longtemps déjà les Etats-Unis, au moment où les deux pays s’emploient à désamorcer leurs tensions commerciales.
Le Conseil d’Etat, organe du gouvernement chinois, a adressé mercredi de nouvelles directives aux autorités locales dans lesquelles il ne fait plus mention du programme « Made in China 2025 », largement mis en avant depuis sa présentation il y a trois ans.

Ce programme figure au coeur de la stratégie de la Chine visant à devenir une super-puissance économique d’ici 2050 en rattrapant son retard dans des secteurs tels que la robotique, l’aéronautique et la voiture propre.

Mais dans la mesure où cette stratégie repose abondamment sur les finances publiques, elle alarme les pays occidentaux et en particulier les Etats-Unis.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré mercredi que Pékin avait revu son projet face aux objections venues de l’étrange, tout en soulignant que « cela ne veut pas dire qu’elle l’a abandonné ».

Interrogé par la chaîne de télévision CNBC, il a ajouté ne pas voir d’inconvénient à ce que la Chine développe de nouvelles technologies, à condition qu’elle le fasse loyalement.

« Nous nous opposons à l’emploi de méthodes inappropriées, comme le vol de secrets, comme les transferts de technologie forcés, ce genre de choses », a-t-il dit. « Nous sommes très heureux de rivaliser directement avec eux, tant que cela se fait de manière loyale. »

Dans ses directives aux autorités locales datant de 2016, le gouvernement déclarait qu’il financerait en priorité les régions qui appliqueraient avec soin le programme « Made in Chine 2025 » tout encourageant la croissance et la rénovation industrielles.

Cette référence ne figure pas dans les dernières directives dont les médias publics se sont fait l’écho mercredi.

Les autorités locales qui ont appliqué les directives précédentes seront prioritaires pour recevoir un soutien financier de l’Etat, rapporte China Information News, citant un document du Conseil d’Etat.

« Le Conseil d’Etat a décidé d’adapter (…) les anciennes mesures de soutien mises en place en 2016 sur la foi d’une nouvelle situation, d’une nouvelle mission et de nouvelles directives », ajoute China Information News.

Les grands travaux doivent porter avant tout sur les routes et les voies d’eau, dit le Conseil, qui réclame en outre davantage d’efforts pour promouvoir les exportations chinoises et attirer l’investissement étranger.

ACIER ET CHARBON AU SECOND PLAN

Pékin compte remplacer, peut-être dès le début de l’an prochain, l’initiative « Made in China 2025 » par un autre programme dans lequel la volonté de dominer le secteur industriel sera moins présente, au profit de celle visant à ouvrir davantage le pays aux entreprises étrangères, écrit le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier.

La Chine a annoncé la semaine dernière un net coup de frein à la croissance des exportations, du fait des droits de douane imposés par Washington, comme des importations, ce qui témoigne d’un ralentissement à la fois en Chine et à l’étranger. Une évolution qui plaide en faveur de nouvelles initiatives de Pékin pour éviter que la croissance économique ne fléchisse trop.

Si Pékin promet de récompenser les autorités locales qui auront respecté ses priorités, aucune rallonge budgétaire ne sera toutefois accordée pour réduire les surcapacités dans le charbon et l’acier, ce qui laisse penser que la Chine, premier producteur mondial dans les deux cas, a atteint ses objectifs.

Elle a réduit les capacités sidérurgiques de 150 millions de tonnes et celles des houillères de 800 millions de tonnes au cours des cinq dernières années. Ses capacités sont de l’ordre de 908 millions de tonnes dans l’acier et de 5,1 milliards de tonnes dans le charbon.

Enfin, le Conseil d’Etat apportera plus de ressources aux agglomérations qui font un effort pour l’environnement, en particulier dans le traitement de la pollution des eaux et dans l’assainissement des zones rurales.

zonebourse

Aller en haut