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Pénalisé par la Chine, LVMH se montre confiant pour 2015

Pénalisé par la Chine, LVMH se montre confiant pour 2015

Le groupe de luxe affiche un chiffre d’affaires et un résultat net record. Le marché chinois et les effets de change font reculer le résultat opérationnel.

LVMH termine son exercice 2014 sur de meilleures perspectives qu’il ne l’a commencé. L’affaiblissement de l’euro vis-à-vis du dollar (– 16 % sur un an) est en effet une bonne nouvelle pour les marges du numéro un mondial du luxe.

En attendant, LVMH a dû encaisser l’an dernier les effets d’un euro fort et le ralentissement de la Chine. Au terme d’un exercice marqué par l’intégration du spécialiste du cachemire Loro Piana, le géant du luxe (propriétaire des « Echos ») a vu son résultat opérationnel courant baisser de 5 %, à 5,7 milliards d’euros, du fait des effets de change et des déstockages en Chine dans les vins et spiritueux. Une première depuis 2009. La marge opérationnelle du groupe recule du coup de 2 points, à 19 %, contre 21 % en 2013.

Tirées par les Etats-Unis, le Japon et, à un degré moindre, l’Europe, les ventes ont en revanche progressé de 5 % en organique (contre + 8 % en 2013) pour atteindre un niveau record, à 30,6 millards d’euros. Le résultat net connaît, lui, une progression stratosphérique de 64 % à 5,6 milliards d’euros, gonflé par une plus-value de 2,7 milliards liée à la cession de titres Hermès. « Les résultats de 2014 ­confirment la capacité du groupe à progresser malgré un contexte marqué par des incertitudes économiques et monétaires », a expliqué le PDG du groupe, Bernard Arnault, dans un communiqué.
Le plus dur est passé

Sans surprise, la division vins et spiritueux du groupe a été lourdement touchée par les effets de la politique anticorruption de Pékin, qui a pesé sur les livraisons de cognac Hennessy. Les ventes ont reculé de 3 % en organique, à près de 4 milliards d’euros tandis que la marge opérationnelle courante chutait de 16 %. Le groupe estime néanmoins que le plus dur est derrière lui. Ce qui signifierait une période de déstockage plus courte que celles vécues par ses concurrents (cinq trimestres pour Pernod Ricard, selon Credit Suisse, et six pour Rémy Cointreau).

LVMH voit également des signaux positifs dans le pôle mode et maroquinerie. Scrutée à la loupe par les marchés, l’activité de Louis Vuitton s’est légèrement accélérée en fin d’année. La marque, qui génère la moitié des profits de LVMH, conserve une marge de plus de 40 % contre de l’ordre de 20 % pour Céline ou Fendi. L’an dernier, elle a continué à passer des hausses de prix sur ses principaux marchés dans le cadre de sa stratégie de montée en gamme.

En France, un sac Speedy 30 en toile Monogram est désormais vendu 660 euros contre 550 euros début 2012. Cette stratégie et l’absence des lourds investissements consentis en 2013 pour Céline, Fendi et Berlutti ont permis de renouer avec une croissance des profits (+ 2 %) tout en limitant la croissance organique (+ 3 % en 2014 contre 5 % en 2013). Les ventes des pôles parfums et cosmétiques, distribution sélective et montres et joaillerie (Bulgari, TAH Heuer…) sont en progression, mais leur rentabilité s’est dégradée dans les deux derniers cas (– 3 % et – 23 %), pénalisés notamment par les mouvements sociaux à Hong Kong.

Emmanuel Grasland / Chef du service Industrie
lesechos.fr

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