mardi 27 octobre 2020
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Perspectives économiques en Afrique: voici les nouvelles projections de la Banque africaine de développement

Perspectives économiques en Afrique: voici les nouvelles projections de la Banque africaine de développement

La Banque africaine de développement a revu ses projections de croissance des économies africaines. Elle chiffre les pertes cumulées du PIB liées au Covid-19 entre 173 et 237 milliards de dollars en 2020 et 2021. En dépit de la pandémie, certains pays africains ne seront pas en récession en 2020.

Les annonces de perspectives de récession pour 2020 se multiplient un peu partout dans le monde avec des amplitudes inquiétantes. Le continent africain, touché de plein fouet par la pandémie du coronavirus, sur le plan économique, n’est pas épargné. Les conséquences de la pandémie sur la demande de matières premières et de pétrole ainsi que sur certains secteurs stratégiques comme le transport aérien et le tourisme, ont eu des effets négatifs sur un certain nombre de pays.

Du coup, la Banque africaine de développement (BAD) a été obligée de revoir ses «perspectives économiques en Afrique de 2020» à la lumière des impacts négatifs de la pandémie du Covid-19 sur le paysage socio-économique du continent.

Ainsi, selon les projections de la BAD, «le PIB réel en Afrique devrait se contracter de 1,7% en 2020, soit une baisse de 5,6 points de pourcentage par rapport aux projections de janvier 2020 qui précédaient l’apparition du Covid-19, en supposant que l’impact de la pandémie soit important, mais de courte durée. Si la pandémie se poursuit au-delà du premier semestre de 2020, la contraction du PIB en 2020 sera beaucoup plus marquée, de l’ordre de 3,4%, soit une baisse de 7,3 points de pourcentage par rapport à la croissance projetée avant la pandémie de Covid-19».

Suite à cette nouvelle évaluation, l’institution panafricaine estime, en moyenne, les pertes cumulées du PIB africain entre 171,1 et 236,7 milliards de dollars entre 2020 et 2021.

En détail, pour l’année en cours, la contraction du PIB serait comprise entre 145,5 milliards de dollars, selon un scénario de base, et 189,7 milliards de dollars, selon un scénario pessimiste, et ce sachant que la BAD avait projeté un PIB de 2.590 milliards de dollars du PIB du continent en 2020, avant l’apparition de la pandémie. Et pour 2021, les pertes pourraient se chiffrer entre 27,6 milliards (scénario de base) et 47 milliards de dollars (scénario pessimiste), par rapport à un PIB de 2.760 milliards de dollars projeté avant la pandémie.

Ceci engendrera un apauvrissement des populations. Le nombre de personnes basculant dans l’extrême pauvreté en Afrique, à savoir celles qui vivent avec 1,90 dollar par jour, devrait atteindre 453,4 millions dans le scénario de base, soit une hausse de 34 millions, et 462,7 millions, soit une hausse de 49,2 millions, dans le scénario pessimiste.

Reste que la contraction moyenne du PIB du continent cache des divergences importantes selon les pays. Globalement, la forte contraction du PIB du continent est le fait de ses cinq premières puissances économiques: Nigeria (-4,4%), Afrique du Sud (-6,3%), Egypte (+2,2%), Algérie (-4,4%) et le Maroc (-3,4%). Les deux premières puissances économiques du continent -Nigeria et Afrique du Sud- représentent à elles seules plus de la moitié de la contraction du PIB attendue.

L’Egypte est la seule des cinq premières puissances économiques du continent devant enregistrer une croissance positive. Toutefois, elle devrait voir sa croissance projetée avant le Covid-19 réduite des deux tiers.

Quant au Maroc, il sera particulièrement affecté par la baisse d’activité de son secteur du tourisme, mais devrait enregistrer une contraction moins forte que les autres puissances du continent, hormis l’Egypte. Et ce, grâce à une diversification de son économie et à une moindre dépendance aux matières premières. Le Royaume devrait voir son PIB se contracter à –3,3% en 2020 du fait du transport et du tourisme à l’arrêt.

Ce sont les exportateurs de pétrole et de matières premières ainsi que les pays dépendants du tourisme qui seront les plus touchés par les impacts économiques de la pandémie. Le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, la Libye et la Guinée équatoriale qui figurent parmi les principaux producteurs de pétrole en Afrique devraient accuser des récessions notables de respectivement -4,4%, -4,4%, -3,1%, -25,4% et -9,2%.

Les pays riches en matières premières vont accuser eux aussi des baisses conséquentes à cause de la chute des cours du fait de la baisse de la demande mondiale consécutive au ralentissement des économies dans le sillage des confinements initiés par tous les pays pour freiner la propagation de la pandémie. C’est le cas de l’Afrique du Sud (-6,3%), du Botswana (-5,5%) et de la Zambie (-4%).

Par ailleurs, les pays qui sont très dépendants du tourisme sont durement affectés. C’est le cas de Maurice (-7,5%), de Sao Tomé & Principe (-6,1%) et des Seychelles (-10,5%). Ces pays sont fortement touchés par les fermetures des frontières aériennes qui ont confiné les touristes chez eux.

Ce sont les économies non intensives en ressources naturelles qui devraient être les plus résilientes. C’est le cas du Rwanda (4,2%), de l’Ethiopie (3,1%) de la Côte d’Ivoire (3%) et du Sénégal (2,8%).

Ces performances ne doivent pas cacher l’ampleur des contractions des PIB de ces pays qui enregistraient des taux de croissance largement au-dessus des 5,6% avant le déclenchement de la pandémie. Il s’agit de pays agricoles, à l’économie relativement diversifiée et qui font des efforts au niveau des investissements publics, notamment en matière d’infrastructures.

Concernant les perspectives en 2021, la BAD s’attend à une reprise de la croissance des économies africaines avec un PIB en hausse de 3% dans le scénario de base et de 2,4% dans le scénario pessimiste. Toutefois, «cette reprise en forme de V ne devrait être que partielle, car des secteurs tels que le tourisme, les transports et les loisirs pourraient mettre plus de temps à se rétablir complètement au fur et à mesure que les populations s’adaptent progressivement aux nouvelles normes d’interaction sociale», souligne l’institution financière panafricaine.

En plus, elle dépendrait d’une conjonction de facteurs, dont le risque lié à la généralisation de la pandémie du Covid-19 et aux réponses apportées par les gouvernements africains, l’évolution des cours des produits de base (pétrole, minerais et produits agricoles), les catastrophes naturelles (sécheresses, inondations, etc.), le poids de la dette, la détérioration de la sécurité et la recrudescence des roubles sociaux.

afrique.le360

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