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Pétrole: l’AIE prudente sur l’impact de l’accord de l’Opep

Pétrole: l’AIE prudente sur l’impact de l’accord de l’Opep

Paris – Il est trop tôt pour dire si le récent accord de réduction de production conclu entre l’Opep et 11 autres pays va être suffisamment respecté pour faire baisser l’offre mondiale de pétrole et rééquilibrer le marché, a prévenu jeudi l’Agence internationale de l’Energie (AIE).

Même si l’AIE, dans son rapport mensuel publié jeudi, anticipe une croissance de la demande mondiale d’or noir plus élevée que prévu en 2016, de 1,5 million de barils par jour (mbj), à 96,5 mbj, contre 1,4 mbj précédemment anticipé, elle se montre plus circonspecte sur l’offre mondiale.

“Une fois de plus, nous avons revu à la hausse nos estimations concernant la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2016: nous voyons désormais une progression à 1,5 mbj, le gros de la révision provenant d’une demande européenne plus robuste, principalement pour le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et le diesel”, relève l’agence énergétique.

Elle explique cette augmentation par de bons chiffres au quatrième trimestre 2016, sur fond d’hiver rigoureux en Europe du nord.

Sur le front de l’offre, l’AIE note de premiers signes encourageants du côté de la production de l’Opep, redescendue de ses niveaux records de novembre pour s’établir à 33,09 mbj en décembre, sur fond de baisse de l’offre saoudienne et d’interruptions de production au Nigeria.

Elle se donne en revanche du temps pour évaluer à plus long terme les effets de l’accord conclu fin novembre à Vienne par le cartel.

“Les réductions de production annoncées par l’Opep et 11 producteurs non-Opep sont entrées dans leur phase d’essai et il est bien trop tôt pour se rendre compte du niveau de conformité (avec l’accord) qui a été atteint”, juge-t-elle.

D’autant que, sous l’effet de la remontée des prix entraînée par la baisse de l’offre de l’Opep, l’agence anticipe une progression de la production des pays non membres du cartel n’ayant pas participé à l’accord, Etats-Unis en tête, où les producteurs à coûts élevés devraient relancer leurs investissements.

- Le pétrole de schiste américain en embuscade -

“L’attention est inévitablement concentrée sur le secteur du pétrole de schiste américain où des données montrent que le nombre de puits de forage a augmenté sur six mois consécutifs jusqu’en novembre après avoir atteint son plus bas en mai”, souligne l’agence énergétique, qui ajoute que la productivité par puits a par ailleurs considérablement augmenté.

Dans ce contexte, “l’industrie du pétrole de schiste américain a émergé du monde dans lequel nous vivions il y a un an, où le baril était à 30 dollars, plus concentrée et plus performante”, note-t-elle, prévoyant une hausse encore plus soutenue qu’anticipé de la production de pétrole de schiste en 2017, à 170.000 bj.

En outre, l’AIE s’attend toujours à voir la croissance de la demande ralentir quelque peu cette année, de 1,3 mbj, à 97,8 mbj, pénalisée par une hausse anticipée des prix des produits pétroliers, conséquence d’une remontée des cours du brut et d’une possible appréciation du dollar américain.

A l’échelle mondiale, l’offre de pétrole a diminué de plus de 600.000 barils par jour en décembre, à 97,6 mbj, même si pour l’ensemble de l’année 2016, la production mondiale est ressortie en hausse de 300.000 barils par rapport à 2015, l’offre record de l’Opep surpassant largement les réductions observées du côté des autres pays, rapporte l’agence.

“Le ministre saoudien du Pétrole nous a rappelé le 16 janvier que l’accord de (réduction de) production pourrait ne pas être étendu au-delà des six mois au bout desquels il expire”, a noté l’AIE.

“En disant qu’une extension était +improbable+, il a rappelé avec force que si les stocks (pétroliers) baissent au premier semestre 2017 d’environ 700.000 bj” sous l’effet d’un respect de l’accord de l’Opep, le marché se sera resserré et les prix stabilisés, mais non à un niveau suffisamment haut pour que les producteurs à coûts élevés y voient une nouvelle aubaine, poursuit-elle.

Reste que dans l’intervalle, le marché attend de voir l’accord véritablement porter ses fruits, conclut l’agence.

romandie

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