mercredi 20 novembre 2019
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Pétrole: le géant saoudien Aramco lance son entrée en Bourse

Pétrole: le géant saoudien Aramco lance son entrée en Bourse

Après près de quatre ans de retard, Aramco, le géant saoudien du pétrole vient d’obtenir ce dimanche 3 novembre le feu vert du régulateur saoudien pour une rentrée en Bourse sur le marché local en décembre.

L’entrée en Bourse de ce joyau du royaume saoudien est le pilier de la réforme baptisée « Vision 2030 » de Mohammed ben Salman qui espérait ainsi lever 100 milliards de dollars. Cet argent est nécessaire pour le financement de mégaprojets, tels que NEOM, une mégapole futuriste de 500 milliards de dollars sur la côte nord de la mer Rouge, dont les officiels évoquent les taxis volants et les robots parlants. Le prince héritier veut diversifier l’économie du pays et le sortir de sa dépendance au pétrole.

Aramco est l’entreprise la plus rentable au monde. Elle a réalisé un bénéfice de 111 milliards de dollars l’année dernière. C’est plus que les profits combinés d’Apple, de Google et d’Exxon Mobil, le numéro deux. La compagnie saoudienne pompe environ 10 % du pétrole mondial à partir de ses puits dans l’est du royaume, mais aussi dans le désert du Sud appelé le « Quartier vide » et de gisements offshore. Aramco détient ainsi les plus grandes réserves mondiales de pétrole : 260 milliards de barils. Son plus grand concurrent, l’américain ExxonMobil, n’en possède, lui, que 20 milliards.

Cette entréee en Bourse devrait la valoriser entre 1 500 et 1 700 milliards de dollars, la plus grande capitalisation mondiale. C’est toutefois en dessous des 2 000 milliards de dollars de capitalisation voulus initialement par Riyad.

Une entrée en Bourse en deux temps

Aramco devrait céder en tout 5 % de son capital. Les premières opérations devraient débuter en décembre par un placement de 2 % du capital sur le marché local saoudien, le Tadawul. Des grandes familles saoudiennes pourraient participer à cette première phase. Dans un deuxième temps, une autre partie du capital, autour de 3 %, devrait être cotée sur une place financière internationale, sans que l’on sache encore laquelle.

Plusieurs raisons expliquent cette cotation en deux temps, explique Francis Perrin, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques. Une nécessité de transparence, d’abord. « Coter Aramco sur de grandes Bourses étrangères implique des engagements de transparence que les dirigeants saoudiens ne sont pas forcément prêts à satisfaire d’entrée de jeu », remarque le chercheur.

L’aspect politique est une autre explication. « Être cotée aux États-Unis, cela peut être une vulnérabilité dans le cas de procès contre l’Arabie saoudite et donc contre Saudi Aramco », poursuit Francis Perrin. Mais en entrant déjà à la Bourse saoudienne, Aramco montre que les attaques menées en septembre contre ses installations ne sont pas parvenues à interrompre son programme de privatisation partielle et la stratégie voulue par le prince Mohammed ben Salman.

La compagnie vaut vraiment plus de 2 000 milliards en ce moment mais comme il y a eu les problèmes avec l’Iran, des changements dans la direction de la compagnie, le marché n’est pas forcément très excité à une valorisation de 2 000 milliards. Donc il est possible qu’ils aient pensé à limiter un peu leurs exigences.

Jean-François Seznecexpert à la Middle East Institute à Washington, DC

rfi

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