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Pétrole : les majors redeviennent des « cash machines »

Pétrole : les majors redeviennent des « cash machines »

Les majors démontrent qu’elles peuvent générer d’abondantes liquidités avec un pétrole à 50 dollars grâce aux plans d’économies qu’elles ont lancé depuis trois ans.

Les compagnies pétrolières recommencent à faire ce qu’elles savent le mieux faire : générer du cash en abondance. Après trois années délicates marquées par l’effondrement du prix du pétrole, les majors dégagent à nouveau de confortables liquidités. Les résultats qu’elles ont publié ces derniers jours en sont la preuve : le cash-flow dégagé par les neuf plus grandes sociétés pétrolières a progressé de 35 % au troisième trimestre par rapport à la même période l’année précédente, a calculé HSBC.

Le rebond des cours de l’or noir a joué en leur faveur. Le baril de brent s’est échangé à plus de 52 dollars entre juillet et septembre, contre moins de 46 dollars un an plus tôt. Le français Total a commercialisé sa production pendant le trimestre à un prix supérieur de 18 % à l’année dernière. Cette tendance devrait se confirmer pour la fin de l’année car le brent s’est encore apprécié après la clôture du troisième trimestre, dépassant les 60 dollars pour la première fois depuis plus de deux ans .

Moins de projets d’exploration

On reste loin, malgré tout, des 100 dollars de 2014, et les grandes compagnies ne parient pas sur une nouvelle flambée. « Le secteur de l’énergie s’est mis en état de fonctionner dans un monde où le baril est à 50 dollars », expliquent les analystes de Barclays.

Pour rebondir financièrement, les majors ont d’abord drastiquement réduit leurs ambitions dans l’exploration. L’anglo-néerlandais Shell aura investi quelque 25 milliards de dollars cette année, contre plus de 40 milliards en 2013. Le secteur a démarré douze projets par an depuis 2015, presque trois fois moins qu’entre 2010 et 2014, a relevé le mois dernier Patrick Pouyanné, le PDG de Total.

Plans d’économies

Et lorsqu’ils sont poursuivis, ces projets sont moins coûteux. La deuxième phase de Mad Dog 2, un champ offshore au large des côtes de la Louisiane, ne coûtera finalement « que » 8 milliards au britannique BP, contre 20 milliards prévus à l’origine. Les majors ont aussi lancé des plans d’économies massifs pour réduire leurs coûts. Celui de Total atteindra 5 milliards de dollars à la fin de la décennie , et il est déjà aux trois-quarts achevé.

Le point mort abaissé

Résultat de ces efforts, le point mort des majors a été abaissé de façon spectaculaire. Les grandes compagnies peuvent générer du cash, une fois leurs investissements et leurs dividendes payés, avec un baril de brent à 54 dollars cette année, estiment les analystes de HSBC, contre 138 dollars en 2013.

Les pétroliers veulent aller « encore plus loin », selon les termes de la directrice financière de Shell. Bob Dudley, le patron de BP, prépare son groupe pour qu’il soit en mesure de payer des dividendes avec un baril à 40 dollars, voire à 30, a-t-il assuré le mois dernier.

Rachat d’actions

Ce mouvement a permis aux majors de se désendetter. La dette ne représente plus que 18 % des fonds propres de Total, contre plus de 30 % en 2014. Signe que l’assainissement touche à sa fin, certains groupes commencent à soigner leurs actionnaires. BP vient de lancer un programme de rachat d’actions et Shell envisage de faire de même. Les trois majors européennes _ BP, Shell et Total _ ont également annoncé qu’elles verseraient leurs dividendes intégralement en numéraire prochainement, alors qu’une partie était payée en titres depuis 2015.

Vincent Collen
lesechos

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