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Pétrole. Pourquoi l’Opep ferme (légèrement) le robinet ?

Pétrole. Pourquoi l’Opep ferme (légèrement) le robinet ?

Pour enrayer la chute du prix du baril, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a annoncé vouloir réduire sa production de pétrole. Une décision attendue, dont on n’appréhende pas encore les conséquences.

 

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’Opep, a annoncé, mercredi 28 septembre, dans la soirée, qu’elle allait limiter sa production de pétrole. Une mesure dont on parlait depuis des mois, sans cesse annoncée, sans cesse repoussée. Alors qu’il y avait le feu : l’offre, plus forte que la demande, a entraîné une spectaculaire chute du prix du baril de pétrole brut. Ce qui a violemment déstabilisé les pays producteurs, qu’ils soient membres de l’Opep ou pas.

Accord en novembre ?

Dans les faits, les pays membres de l’Opep ont décidé de passer leur production à 32,5-33 millions de barils par jour, contre 33,24 mbj actuellement.

Cette décision devrait être mise en forme à Vienne (siège de l’Opep), fin novembre. Est-elle gravée dans le marbre ? En matière de pétrole, rien n’est jamais sûr.

Rude bagarre

Déjà, la bagarre a été rude entre membres de l’Opep. Depuis des mois, plusieurs d’entre eux réclamaient une baisse de la production, pour enrayer la chute du prix du baril. Mais le plus puissant d’entre eux, l’Arabie saoudite, s’y est toujours opposé. Pourquoi ? Pour maintenir sa position de leader. Position de plus en plus contestée par les Américains et leur pétrole de schiste (et gaz).

Autre frein à la limitation de la production : l’Iran. Suite à la levée de l’embargo international, en janvier, l’Iran a retrouvé toute sa capacité à exporter son or noir. Pour Téhéran, il n’était donc pas question de brider sa production. L’Iran qui est le « meilleur » ennemi de l’Arabie saoudite. Et vice versa.

Encore des réticences

Ces positions n’étaient plus tenables au vu de l’environnement économique. Chacun a dû y mettre du sien. Et encore… Au sein de l’organisation, certains contestent déjà l’accord. Comme l’Irak, par exemple, qui conteste les estimations de production de l’Opep.

Et puis la décision de l’Opep n’engage… que l’Opep, qui ne représente que 40 % de la production mondiale. À l’annonce de l’accord, la Russie, important producteur, non-affilié à l’Opep, a annoncé qu’elle n’avait pas du tout l’intention de réduire sa production.

Conséquences encore floues

Reste que la décision prise mercredi, si elle est confirmée en novembre, est importante. Elle peut avoir bien des conséquences, qui, pour l’heure, sont bien difficiles à cerner.

Les économies pétrolières en difficulté peuvent retrouver un peu d’air.

Les producteurs de pétrole (et gaz) de schiste américains gardent le sourire : ils ont résisté à la stratégie de l’Arabie saoudite, qui ne les a pas coulés ; et certains puits, qui n’étaient plus rentables, vont pouvoir être à nouveau exploités.

Les consommateurs vont, peut-être, payer leurs carburants un peu plus cher.

ouest-france.fr

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