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Pétrole : Rebond des cours et prudence des analystes

Pétrole : Rebond des cours et prudence des analystes

Même si les fondamentaux n’ont pas changé, le marché pétrolier bénéficie, depuis quelques jours, d’un certain «optimisme». Après avoir perdu plus de 50% de sa valeur en six mois, le brent vient de reprendre 30% en un mois seulement. Ce week-end, le baril a encore gagné 4%, atteignant à Londres 61,5 dollars.

Les cours ont ainsi interrompu leur déclin, confirmant certaines prévisions qui ont tablé sur un début de rebond des cours d’ici le milieu de l’année, en raison notamment de l’amélioration de la conjoncture des grandes économies mondiales. Mais pour l’heure, la hausse des prix que connaît le pétrole, bien que légère, s’explique par d’autres facteurs qui n’ont pas de lien direct avec la conjoncture économique mondiale.
Selon certains analystes, le rebond observé est beaucoup plus dû à des «facteurs techniques» au sens boursier du terme, en ce sens que certains spéculateurs étaient dans l’obligation de «solder en fin de mois des positions prises à court terme».

La grève déclenchée dans les ports américains et qui a ralenti «artificiellement» les livraisons de brut importé a accentué, de son côté, la baisse amorcée des prix. D’autres analystes avancent des éléments tout autres pour expliquer le raffermissement du marché. Ils citent notamment «de nouvelles réductions d’investissements chez les producteurs, comme Total, qui va drastiquement réduire ses projets d’exploration».

Le groupe français a annoncé, en effet, «une coupe très importante dans ses investissements cette année, qui s’accompagnera d’une réduction de ses effectifs, après une forte baisse de ses résultats en 2014 causée par la dégringolade des cours du pétrole». Il en est de même pour d’autres géants pétroliers comme Chevron, BP et Royal Dutch Shell, qui ont annoncé tour à tour des diminutions de leur budget d’investissement et d’exploration, ce que certains opérateurs voient comme un signe annonciateur d’un nouveau déficit d’offre sur le marché.
Matt Smith, un expert de Schneider Electric, souligne que «le dollar s’affaiblit alors que l’Europe entrevoit deux développements optimistes avec un cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie et un sommet des dirigeants européens pour trouver un compromis sur le plan d’aide à la Grèce».

Selon les experts toujours, il y a aussi un problème de baisse du nombre de forages dans les trois principaux champs actuellement en production en Amérique du Nord, avec des difficultés de stockage du brut qui en est extrait. Il n’en demeure pas moins que beaucoup de spécialistes traitent la hausse des prix actuels avec «une certaine précaution», faisant remarquer que les fondamentaux du marché pointent toujours vers une baisse des prix à court terme, l’offre demeurant toujours surabondante. «Il y a un énorme excédent d’offre et une grosse proportion de la production est stockée, comme le montre la hausse des stocks américains de pétrole», note-t-on encore.

Pour rappel, la chute des cours résulte d’une augmentation soutenue de l’offre en provenance d’Amérique du Nord, d’un ralentissement de la demande mondiale liée notamment au moindre dynamisme économique des pays émergents (Chine en tête) et d’une volonté de l’Arabie Saoudite de faire pression sur d’autres pays membres de l’OPEP, mais aussi sur les Etats-Unis.

Lyes Mechti
elwatan.com

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