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Pixel: Que vaut le premier smartphone «Made by Google»?

Pixel: Que vaut le premier smartphone «Made by Google»?

D’un G qui veut dire Google. En effaçant le logo de son partenaire HTC, l’entreprise de Mountain View envoie un message clair avec ses smartphones Pixel et Pixel XL : il s’agit des premiers téléphones « Made by Google ». Désormais, le géant californien contrôle non seulement le design et la distribution mais aussi, et c’est le plus important, l’optimisation d’Android. En attendant un véritable test pour la sortie française, à une date indéterminée en 2017, voici nos premières impressions après quelques jours passés en sa compagnie aux Etats-Unis.

Un hardware de qualité mais sans aucune originalité

Le Pixel souffre du syndrome « brosse à dents », avec des smartphones qui convergent actuellement vers une apparence générique, en attendant de prochaines avancées (écran intégral, flexible etc). « Tiens, c’est un iPhone ? », demande un ami découvrant la face avant.

Ce n’est pas une mauvaise chose. En aluminium, le Pixel est indéniablement bien fini. Un brin plus compact que le Nexus 6P, il est largement plus plaisant en main, avec des bords moins saillants. Le lecteur d’empreinte digitale, au dos, se trouve les yeux fermés. Le gros rectangle de verre divisera les esthètes mais donne un certain caractère à la face arrière. Malheureusement, les traces de doigts y sont très visibles et on attend avec appréhension la première chute.

Au final, Google mérite deux cartons jaunes : le Pixel n’est pas étanche et ne propose pas de haut-parleurs stéréo, sans doute à cause des limitations de fabrication de HTC. C’est impardonnable en 2016, surtout à un tarif comparable à l’iPhone 7 ou au Galaxy S7, à partir de 649 dollars (Pixel, 5 pouces) et 769 dollars (Pixel XL, 5,5 pouces). Ceux qui veulent une batterie amovible et un port micro-SD devront aller voir ailleurs. Pour le reste, le Pixel offre les performances qu’on est en droit d’attendre d’un smartphone qui coûte aussi cher qu’un PC portable. L’écran brille de mille feux et même avec une utilisation intensive lors d’un road trip, on va souvent se coucher avec 30% de batterie restant.

Au final, le Pixel donne l’impression d’être un smartphone de transition, à mi-chemin entre un Nexus et un vrai Google Phone. Il n’offre pas de véritable bond en avant par rapport au Nexus 6P mais coûte 250 dollars de plus, comme si l’entreprise voulait revendiquer par ce prix une place dans l’élite. On attend plus de Google.
Un software intelligent plein de promesses

Pourquoi Google a-t-il décidé de défier ses partenaires en réalisant son propre smartphone ? Notamment pour « contrôler le hardware et optimiser le software », a expliqué Hiroshi Lockheimer, vice-président en charge d’Android, début octobre. Cela se ressent surtout sur l’appareil photo, qui shoote plus vite que l’éclair, même en HDR (contrastes dynamiques), avec un post-traitement bien plus rapide que sur le Nexus 6P. Globalement, les photos offrent un beau rendu des couleurs, même dans la prénombre.

L’entreprise lance surtout – pour l’instant en exclusivité sur le Pixel – son Google Assistant. Globalement, il est plus intelligent que Siri grâce à la compréhension du contexte. Exemple ? « OK Google, quel est le score du match des Tennessee Titans ? » Je suis au volant, et ma survie est en jeu dans une Fantasy League NFL entre amis. « La semaine dernière, ils ont battu les Miami Dolphins 30 à 17 ». Ce n’est pas le score qui m’intéresse. « Et aujourd’hui ? » « Il reste une minute à jouer et ils mènent 28 à 26 face aux Cleveland Browns », répond l’assistant. Pas besoin de lui préciser de quelle équipe il s’agit, il se souvient de la question précédente. Tout ne fonctionne pas aussi bien. « Est-ce que j’arriverai à Trader Joe’s avant la fermeture si je pars maintenant ? » retourne une liste des supermarchés voisins. « Est-ce que c’est moins cher de conduire ou de prendre l’avion pour San Francisco ? » L’assistant ne comprend pas la question.

La fonction la plus appréciable reste le briefing matinal : l’assistant donne la météo, me rappelle de prendre un rendez-vous chez le chiropracteur et lit un résumé des derniers titres des radios NPR et de la BBC, sans que les apps soient installées. « Au fait, mon prénom n’est pas prononcé Felipe mais Philippe. » « D’accord, je change ». La machine obéit, reste à savoir pour combien de temps.

Philippe Berry / 20minutes.fr

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